Il sera question aujourd’hui de la saison 3 de Jujutsu Kaisen, que je vais renommer JJK pour le bien de cette critique.Avant de commencer mon rapport sur cet animé : déjà, j’en suis à la saison 3 et je regarde l’animé depuis la saison 1, donc il a déjà survécu 3 ans avec moi. Pour autant, je n’en suis pas un immense fan et vous allez voir que les raisons pour lesquelles ça ne m’excite pas plus que ça sont toujours là, et les raisons pour lesquelles je regarde encore sont encore plus présentes.Globalement, je trouve que cette œuvre est inconsistante. L’univers est brouillon au possible : il est faussement complexe mais particulièrement compliqué.
Ça balance des noms de clans et de personnages à tout va. Pas grand-chose ne me fait sens.
Et pourtant je continue de regarder, parce qu’il y a un studio derrière qui est monumental, et encore plus cette saison : c’est le studio MAPPA.Alors eux aussi, il faut savoir que je n’en suis pas le plus grand fan. J’ai adoré certains animés qu’ils ont faits et d’autres, je n’ai même pas fini la saison 1. Par exemple, Chainsaw Man : j’ai regardé 5 épisodes et j’en ai eu ras le cul.Mais du coup, revenons à la saison 3 de JJK, appelée La Chasse Mortelle.
Qui est grosso modo un battle royale. De prime abord, tu te dis : bon, il va balancer une tonne de personnages, ils vont se foutre sur la gueule, ça va être trop bien.
Sauf que ça commence à l’épisode 8 sur 12.Déjà, un des gros problèmes de cette saison : ça met du temps à commencer. Certains vont me dire « oui mais c’est la première partie de la saison 3 ». OK, mais quand tu mets quand même 8 épisodes à lancer un arc, viens pas me dire qu’après c’est mieux : il y a quand même un problème de rythme.
Surtout que ces huit épisodes-là, ce n’est pas pour développer des trucs. Non, c’est juste pour foutre des bastons.
Donc tu as le concept qui te permet de balancer des bastons à chaque épisode sans avoir besoin de faire quoi que ce soit.
Et tu vas te casser le cul à aller chercher des personnages dont personne n’en a rien à foutre juste pour foutre des bastons et essayer de créer quelque chose.Alors que depuis le début, les personnages, c’est clairement pas la force de l’œuvre.
C’est pas pour rien que quasiment aucun personnage de la saison 1 et 2 ne revient dans la saison 3.
C’est pas pour rien que quasiment tous les personnages de la saison 1 sont morts dans la saison 2.
L’auteur ne sait pas écrire des personnages, c’est pas compliqué. Lui, ce qu’il aime, c’est balancer des personnages qui ont du flow, avec des pouvoirs, et qui se foutent sur la gueule, c’est tout.
À chaque fois qu’il tente de développer quoi que ce soit, ça se casse la gueule.Et dans cette saison 3, il y a un épisode qui reflète parfaitement ça : c’est l’épisode 4, celui autour de Maki, qui est, il faut le noter, une des rares survivantes de la saison 1.
Enfin, survivante, c’est vite dit, parce qu’il a fait survivre le personnage oui, physiquement. Tout ça pour la transformer en un autre personnage et conclure son arc comme ça, en un seul épisode qui se veut fun.
Alors que l’épisode en question, c’est quand même la meuf qui bute toute sa famille. Imagine une musique funky sur un massacre familial… et bien voilà.
Il conclut l’arc d’un personnage qui avait quand même l’écriture la plus poussée sur un épisode fun.Alors tout internet a hurlé à la masterclass parce que c’est ultra bien animé, parce que c’est badass et tout ça.
Mais en termes d’écriture, c’est une merde absolue.
Elle voit sa sœur mourir (sa sœur jumelle) tuée par son propre père, tranquille, même pas un moment de rage.
Elle a un power-up, on ne sait même pas d’où il vient. La meuf passe d’un personnage moyen bof qui se fait niquer par tout ce qui bouge à un personnage invincible qui tue toute sa famille en une après-midi sans transpirer.
En sachant que son clan est l’un des plus forts de l’univers de cette œuvre.Et quand je parlais de transformation, effectivement le personnage revient complètement transformé : brûlé sur l’intégralité du corps donc physiquement, mais aussi en termes de personnalité.
C’est pas compliqué : il lui a juste donné la personnalité d’un autre personnage qu’on a eu dans la saison 2, un certain Toji, qui était un peu le rebelle de la famille et celui qui était le plus fort.
Sachant qu’il a fait revenir ce personnage-là de la mort dans la saison 2 juste pour un combat osef. Tu te demandes pourquoi finalement il n’a pas utilisé ce personnage pour aller tuer la famille, car avec lui ça aurait eu beaucoup plus de sens.
Pas besoin de créer un power-up car il est déjà connu comme étant cheater, pas besoin de tuer un personnage et d’en transformer un autre gratuitement. Et tu pouvais rendre ça fun parce que le personnage justement était quelqu’un qui n’avait aucune attache.Et cet épisode est donc le reflet de ce qu’est cette œuvre : ça ne sait pas écrire correctement un développement de personnage. Ça fait n’importe quoi avec les personnages juste pour avoir des séquences stylées.Et c’est pareil avec le concept de la Chasse Mortelle.
Dans l’épisode 3, on fait un épisode entier PowerPoint pour nous expliquer le concept complètement con de ce truc, pour qu’à l’épisode 9 on remette ce concept-là en doute.
La Chasse Mortelle, le concept quand même, c’est que des exorcistes vont se foutre sur la gueule parce que…
Ils tentent d’expliquer vite fait que c’est pour recréer un exorciste ultime, quelqu’un qui va se sublimer à travers le combat.
Mais j’y crois pas une seconde, parce que tous les personnages qu’on nous présente sortent tous de nulle part, ils sont tous déjà plus forts que 90 % des personnages qu’on nous a déjà présentés.
Et ça aussi, c’est un immense problème : il n’y a aucune constante dans les pouvoirs.Et même le narrateur lui-même nous dit à plusieurs reprises : « Ce personnage-là est quasiment aussi fort que Gojo ». Gojo, qui est le personnage le plus fort de cet univers, tellement fort que rien que sa présence est dissuasive pour les fléaux. Tellement fort qu’il est l’équilibre total entre tous les clans. Tellement fort que tout le monde reste à sa place.
C’est établi, et c’est même pour ça que toute la saison 2 consiste à le capturer pour l’enlever de l’équation.
Tout ça pourquoi ? Pour que dans la saison 3 on nous dise que trois personnages sont quasiment aussi forts que lui.
Il se fout de ma gueule.
Et ce sont des personnages qu’on n’avait jamais vus avant, et ce ne sont pas des exorcistes ultra reconnus.Et au milieu de ça, il balance donc nos héros pour qu’ils arrivent au final à avoir suffisamment d’énergie occulte pour pouvoir libérer Gojo.
Mais pourquoi est-ce qu’on aurait besoin de libérer ce type si tu nous établis que trois autres gars sont aussi forts que lui ou pas loin ?
Juste réunissez les trois et c’est terminé.Et puis on m’explique le concept d’un battle royale entre exorcistes ?
Le monde est en train de sombrer, l’homme le plus fort de l’histoire est scellé, les démons ont envahi plusieurs grandes villes… mais tranquille, eux ils se font un petit battle royale entre eux.
Comment vous voulez que je croie une seule seconde à cet univers ?On nous dit que c’est une manigance d’un fléau qui a pris possession du corps d’un ancien exorciste et que d’anciens exorcistes se sont réincarnés encore et encore et sont ses disciples.
Oui enfin, quand même, ils sont tous exorcistes. Donc leur but c’est de tuer des fléaux, pas de leur livrer le monde.Mais voilà, tout ça est compensé par une chose : le savoir-faire du studio. Et cette saison, ils se sont dépassés. Parce qu’en termes de mise en scène et en termes d’animation, c’est une pure dinguerie.
Ils veulent mettre tellement de cinématographie dans leurs œuvres, et surtout dans JJK.
Ils ont sublimé tellement de scènes, ils en ont fait trop sur d’autres aussi.
Mais comment tu peux regarder un épisode de ce truc-là et te dire « non, tout est à jeter » ? C’est impossible.Alors oui, en termes d’histoire, tu vas rien retenir, mais tu vas te bouffer des bastons ultra bien animées pendant 12 épisodes.
Et c’est ça qui m’a fait tenir.
Parce que parfois cette œuvre touche au génie quand il s’agit de créer des moments chaotiques. Exemple typique de la saison 2 : à partir du moment où Toji revient à la vie, la saison prend un step up. Parce que c’est imprévisible et parce que c’est galvanisant.Et malheureusement, malgré le concept de cette saison 3 qui pourrait aller dans ce registre, eh bien quand tu crées un concept qui te fait attendre l’imprévisible, ça devient prévisible.
C’est tout con, mais dans la saison 2 tu ne t’attends pas à ce que deux personnages arrivent en plein milieu et foutent le bordel.
Alors que dans la saison 3, vu que le concept même c’est un battle royale, eh bien tu sais que des personnages vont arriver de nulle part et se foutre sur la gueule.Donc oui, il a trouvé le concept parfait pour son style d’écriture, mais en même temps ça l’a diminué.Est-ce que pour autant je déconseille cette saison ? Non. C’est ultra divertissant, c’est ultra beau, et il y a deux-trois épisodes qui sont quand même vraiment bien.
Mais à part pour l’animation, eh bien j’aurais oublié ce truc-là dans un mois.
Et là où à la fin de la saison 2 j’avais une certaine hype, une certaine attente pour la suite, eh bien là, ce n’est pas le cas.Merci d’avoir lu.