Rien de mieux qu’une production Madhouse pour se remettre les idées en place ! Bon sang, je n’avais pas vu un anime aussi couillu que depuis mon visionnage de Parasyte. Dans son univers antimanichéen au possible où tout le monde est un salaud (tous ! MEME TOI le gros !), et qui est, dans tout son cynisme, vraiment très réaliste, Kaiji est une bonne grosse baffe envoyée à nous, les amateurs d’anime kawaii et des romances tristounettes.
Le synopsis n’est pourtant guère des plus accrocheurs : Un raté qui doit rembourser ses dettes de jeu dans des paris dangereux. Mais, comme dans Parasyte, l’anime va utiliser intelligemment son univers pour développer des réflexions sur l’être humain. Elles sont d’un cynisme à glacer le sang, à quel point l’humain est seul, hypocrite, tricheur… à quel point la société capitaliste a fait ce que nous sommes, toujours attiré par le pouvoir tout-puissant de l’argent. Et par ces jeux de la mort, la nature humaine est explorée minutieusement dans le désespoir, la peur, la tension, la folie même.


Pour mener à bien cette histoire, il fallait un grand héros. Et c’est le cas de Kaiji, parfait antihéros, un homme « au-dessus de la moyenne des déchets humains », capable de retourner le jeu à son avantage dans les pires moments, de faire preuve d’intelligence et d’imagination, d’avoir quelques vertus héroïques même… Mais lui aussi est attiré par l’argent, ou peut-être est-ce plutôt le désir de gagner, d’humilier son adversaire ?
Il est amusant de voir que les personnages se disent souvent, alors qu’ils n’en peuvent plus des jeux de la mort, qu’ils vont s’en sortir et qu’ils recommenceront toute leur vie depuis zéro. Pourtant, pris dans l’enfer du jeu, dans la jouissance de la victoire, ils leur est impossibles de reprendre une vie métro-boulot-dodo. Au jeu du hasard au moins, « tout le monde à les mêmes chances », il suffit juste après d’être le plus malin. C’est là une spirale sans fin qui ne peut mener qu’à la mort.


La série est non seulement remarquable par ses personnages et son cynisme (le Président est un antagoniste de poids, quel génie), mais aussi par sa forme. D’abord par son dessin bien foutu, ses visages au gros trait, Kaiji, ses yeux de renard, son long nez et son menton en pic, le Président et ses boutons repoussants (du détail, mais pas tellement dans une animation japonaise qui a tendance à présenter des visages parfaits si ennuyants). Ensuite par son rythme, qui est surement la meilleure qualité de Kaiji. Chaque épisode finit généralement par un cliffhanger, et on a envie de connaître la suite car l’évolution dans ces jeux de la mort et les nombreux coups de théâtre sont très fascinants à suivre. Evidemment, on se dit bien que le personnage principal va survivre. Mais par quels moyens, et surtout dans quelle condition ? Ca, c’est le plus intéressant, et Kaiji réussit toujours à nous surprendre là où ne l’attend pas.


Dommage, cette série souffre aussi de quelques défauts, à commencer par une narration omniprésente enjouée qui annonce fièrement de sa grosse voix et à chaque fois ce qu’il vient de se passer… devant nos yeux (j’étais écroulé quand il présentait avec tant d’entrain la boite de mouchoirs). Je croyais que ce genre de procédé était passé de mode depuis la fin des années 80. Hélas non. Il y a également, accroché à cette narration, une surenchère agaçante de spectacle au moment où la carte fatidique va être dévoilée, façon Yu-Gi-Oh! « La carte de la destinée !!! ». Il y a aussi des métaphores plutôt grossières de temps en temps, et des « zawa » répétés à chaque fois que la tension monte. Ces défauts, omniprésents, suffisent à faire baisser ma note au-dessous du 8 symbolique. Mais qu’à cela ne tienne, Kaiji n’en reste pas moins un grand anime. Un must-see !


7.5/10


PS : Notez quand même la présence quasi-nulle de personnages féminins. C’est rare dans un anime, et ce n’est pas plus mal pour une fois. Néanmoins, la femme joueuse est un personnage intéressant qui pourrait bien être développé dans la prochaine saison. Je la regarderais bientôt pour sûr !

stevenn33
7
Écrit par

Créée

le 16 août 2015

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