J’avais entendu parler de Kodomo no Ocha, qui n’a jamais été diffusée en France mais il existe un fansub. Je me suis enfin lancé dans le visionnage des 102 épisodes.
C’est une des meilleures séries d’animation japonaise que j’ai vues. Elle mérite son statut de série culte !
102 épisodes ça peut faire peur… surtout quand on voit pas mal de séries de 12 épisodes où on s’ennuie déjà au bout du 5e… Mais avec Kodomo no Ocha, on ne s’ennuie pas une seconde, les rebondissements sont nombreux, les personnages secondaires bien développés. Chaque épisode donne envie de voir la suite. Il n’y a pas de fillers mais quelques épisodes spéciaux assez déjantés entre les différents arcs narratifs.
La série raconte la vie quotidienne et sentimentale d’une bande d’élèves de CM2, qui arrivent ensuite en 6e au collège. L’héroïne est aussi une enfant actrice, on la suit dans sa carrière.
La série date de 1996, la société Japonaise de cette époque était encore plus conservatrice qu’aujourd’hui. Les thèmes abordés dans la série étaient courageux et avant-gardistes pour l’époque. Certains épisodes sont très émouvants.
La série aborde de nombreux sujets, y compris difficiles, sur la famille, l’abandon, l’adoption, le deuil, les sentiments, l’amitié et la découverte de l’amour, la violence, les injustices, le manque de confiance en soi, la dépression… Les jeunes japonais qui ont pu la voir ont eu de la chance, cette série les a certainement aidés. La série n’est pas du tout ennuyeuse à voir pour des adultes. Elle peut très bien se voir en famille.
La série a aussi de nombreux côtés humoristiques, très utiles pour la dédramatiser et qu’elle reste regardable par des enfants.
J’aurais aimé voir une telle série à mon entrée dans l’adolescence.
La série contient également un regard critique sur le monde du show business.
La série reste regardable aujourd’hui, elle n’a pas trop vieilli.
Je dois apporter quelques remarques, car si vous commencez la série, quelques aspects peuvent vous rebuter.
D’abord le style et qualité graphique sont parfois simples, il y a beaucoup de passages en mode SD (super deformed). C’est de l’animation 2D des années 1990, faite pour être diffusée sur la TV analogique base définition de l’époque, cela peut un peu piquer les yeux mais on s’y habitue.
Ensuite, le début de la série peut paraître malaisant, car le personnage principal, une écolière de CM2 actrice, est amoureuse de son manageur adulte. Mais il n’y a absolument rien de malsain ni de sexuel… et au bout de quelques épisodes, l’héroïne se rend compte que ce qu’elle ressentait vis-à-vis de son manageur n’est pas de l’amour. C’est justement quelque chose de très bien traité par la série, dont un des fils rouges est la découverte de la complexité des sentiments en grandissant.
Enfin, la série ne traite pas du tout de l’homosexualité, et il y a juste un seul passage de 10 secondes avec une blague maladroite où après un quiproquos un enfant en traite un autre de « PD ». Aujourd’hui, ça ne passerait pas, mais la série date des années 1990, il faut être indulgent.
Même aujourd’hui, Kodomo no Ocha reste une excellente série à voir pour les préadolescents et les plus âgés.
La série est assez emblématique de tout le potentiel narratif particulier de l’animation japonaise, à des années lumières des productions occidentales. Je pense que c’est une des séries à voir pour faire découvrir l’animation japonaise à ceux qui ne la connaissent pas.
A noter également : la série comporte pas mal de panneaux de texte, ça peut être utile si vous apprenez le Japonais.