Chaque épisode présente une société alternative en ce qu'elle a d'absurde. Loin d'en faire systématiquement une critique, loin d'être une satire de notre propre société comme dans Black Mirror ou dans Candide, la série se contente d'explorer les mécanismes qui aboutissent aux codes sociaux et à la perpétuation des traditions.
Le voyage est également central, mais pas n'importe quel voyage : celui qui a lieu dans un monde connu mais non mondialisé. Dans un tel monde la manière de voyager est parfaitement nouvelle. Il ne s'agit ni d'exploration pure, ni de tourisme mais d'un périple bâtard entre ces deux modèles : les sociétés sont connues, il existe des cartes, des voyageurs ont précédés notre héroïne, mais le savoir n'a pas été totalisé en données objectives grâce à la globalisation du monde. Les cartes sont imprécises et l'héroïne n'a vent des autres pays que par ouï-dire. Par ailleurs, ce monde a l'air marqué par l'absence de droit international, et Kino doit être garante de sa propre sécurité : elle peux tuer sans conséquences. Cette dimension du voyage est parfaitement intéressante et nous en offre une vision tout à fait originale.
De cette aventure, il s'ensuit quelques réflexions qui ont moins une portée intellectuelle que contemplative. Les pensées de l'héroïnes peuvent paraître assez superficielles, les raisons de son itinérances plutôt pauvres, mais en vérité, elle ne fait que creuser son propre émerveillement d'être dans le monde et de le découvrir. Il est absurde et cruel, mais c'est précisément parce qu'il est absurde et cruel que le monde est beau.
Faire parler la moto est selon moi une erreur : le but était de combler le silence, mais nous n'éprouvons plus la solitude et l'absence d'attache du personnage. Il manque de ces moments calmes et silencieux où Kino aurait du se retrouver face à elle-même. Tous les propos développés dans les dialogues avec la moto auraient du l'être avec les personnages secondaires qui ont croisé la route de Kino. Ces conversations auraient ainsi été moins répétitives
Il n'en reste pas moins que j'ai beaucoup apprécié cette œuvre qui nous laisser jouir de quelque chose d'unique, d'un périple singulier qui n'a à ma connaissance aucun équivalent