La première chose à savoir sur La Brea, c’est que l’histoire commence avec une faille temporelle mystérieuse qui engloutit des immeubles et des civils en plein Los Angeles, les envoyant directement 10 000 ans dans le passé. Malheureusement, cette faille a aussi englouti toute crédibilité et tout sens scénaristique en passant.
Dès les premières minutes, on se rend compte que cette série n’a pas été conçue pour les amateurs de réalisme. Nos héros fraîchement parachutés à l’âge de pierre ne semblent ni désorientés, ni particulièrement stressés par l’idée qu’ils pourraient être bloqués dans un monde où les lapins se mangent crus et les animaux sauvages ne connaissent pas la diplomatie. Ils ne se concertent pas vraiment, ne cherchent pas à sécuriser leur environnement, et ne se préoccupent de leur survie qu’en mode freestyle, à base de pièges à lapins artisanaux pour nourrir… une centaine de personnes ? Bonne chance avec ça.
Et que dire du jeu d’acteur ? On a l’impression que les protagonistes ont pris leurs cours de théâtre dans une faille parallèle, où émotions, crédibilité et détresse sont optionnels. Peur, faim, soif ? Apparemment, ce sont des concepts étrangers aux personnages de La Brea. Leur capacité à rester impeccablement coiffés et propres dans une époque sans savon ni eau courante est, en soi, un miracle qui pourrait mériter une série dérivée : La Brea : Secrets de beauté préhistorique.
C’est une série qui, malgré elle, nous fait réfléchir… Non pas sur la nature humaine ou sur notre place dans l’univers, mais sur le nombre d’épisodes qu’il faudra encore supporter avant qu’elle-même ne disparaisse dans une faille temporelle, idéalement avec tous ses scénarios absurdes et dialogues insipides.
En bref, La Brea est une invitation à suspendre votre incrédulité… définitivement. Mais si vous cherchez une série qui vous fera rire (involontairement), ou que vous avez un faible pour les lapins des cavernes, celle-ci pourrait bien trouver une petite place dans votre cœur. Sinon, passez votre chemin, avant qu’elle n’avale deux heures de votre vie sans retour possible.