Une maison de papier ou une série en carton ?

"La Casa de Papel" est victime du syndrome "Prison Break".
Comme "Prison Break" c'était une une bonne série bâtie sur un scénario original et des clifhangers astucieux à la fin de chaque épisode. Mais comme beaucoup de séries construites sur un concept assez fort, elle n'aurait jamais dû être reconduite. Parfois on oublie qu'une série est un produit commercial avant d'être une oeuvre. Il était donc fatal que l'on exploite le filon.


La Casa, ce sont trois saisons de trop (la 3, la 4 et la 5) sachant que la 1ère et la 2nde saisons forment un tout cohérent. Les réalisateurs ont dû regretter certains choix. Ils ont tué Berlin mais comme le personnage s'est révélé charismatique, on le fait revenir à chaque saison sous forme de flash-backs. Cela me fait penser à "13 Reasons Why" qui faisait revenir les différents protagonistes morts et ce sous forme de souvenirs ou de délires...


Berlin disparu, on introduit Palerme. Puis on fait revenir Arturo, le directeur de la banque et ce de façon illlogique. Et nos héros finissent par prendre en otage une nouvelle banque...


Les producteurs ont eu pour mission de prolonger l'incroyable succès de cette série mais ont été obligés de rester sur le même concept, sinon La Casa n'est plus la Casa.


Quand une série ne sait plus quoi dire, elle met en scène des relations homosexuelles. C'est en quel que sorte le "jump the shark" des séries des années 2010/2020...
C'est un procédé narratif sensé nous offrir un coup de théatre et susciter des réactions du style "Berlin et Palerme sont gays, je ne l'aurais jamais cru".
Mais ce procédé est aujourd'hui éventé. Toutes les séries montrent des relations homosexuelles. On devine que les producteurs espagnols se sont sentis obligés d'être dans l'air du temps.


La cinquième saison :
Les personnages deviennent caricaturaux : Arturo le banquier veule se mue en Rambo, le professeur reçoit une balle à bout portant dans le pied, il ne bronche pas, etc.
J'allais oublier le nouveau policier qui traque notre charmante équipe, c'est un caractériel et surtout il est bête. A croire que c'est Luc Besson qui a écrit son rôle.
Nous avons affaire à une ex-flic tortionnaire, littéralement une psychopathe. On la croirait échappée d'une manif antivax.
Un policier capturé par les braqueurs, les provoque. Il est tabassé mais il recommence, les insulte de nouveau...


D'autres personnages ne servent plus à rien. Denver par exemple, un coup de gueule de temps à autre, sans intérêt. Rio est transparent. Et même Tokyo, figure emblématique de la série, elle aussi, elle n'a plus vraiment de rôle. L'intérêt de son personnage résidait dans le début de la première qui voyait cette femme rebelle et asociale devoir travailler dans une équipe. Dans la cinquième saison, elle n'est plus qu'un second rôle, parfois elle parle... La logique aurait voulu que, devenue inutile, elle fut tuée dans la saison précédente. Mais il est évident que la production ne pouvait pas écarter celle qui fut la star de la saga.


Et puis "La Casa de Papel" dérape...
Dans la 5ème saison, nous assistons à une scène de fusillage d'une violence inouïe, mais sans morts puis plus tard à une scène de guerre (mitraillettes et lance-fusée), je crois qu'il y a un mort dans cette scène.
Monica la tortionnaire a les eaux... Oui, elle est enceinte jusqu'aux dents. Cela permet aux scénaristes de préparer un retournement de situation, ceci dit on se doutait de l'évolution de son personnage. Les flics ne cessent de s'engueuler devant leur troupe. Un soldat, genre commando, est maquillé comme dans la série Vikings. Le professeur devient sage-femme...
A travers un long flash-back, nous avons droit à une séquence digne de "Mission impossible". Un film dans le film. Plutôt bien troussé, au point de rendre terne le récit principal.
Et c'est la surenchère : explosions, armes lourdes. Nous ne sommes plus dans un film de braquage astucieux mais dans un film de guerre. Il ne manque plus que le largage d'une bombe atomique ! Dans ces scènes dignes du film "Il faut sauver le soldat Ryan" (ou "Predator", c'est selon), notre équipe de braqueurs se transforment en baroudeurs, infligeant une leçon aux soldats qu’on croyait d'élite.


En principe, la série doit se conclure avec cette 5ème saison. Il est temps car il ne faudrait pas qu'elle devienne le Sharknado de Netflix.
Si j'avais noté la série à l'issue de la 1ère saison, je lui aurais certainement attribué 7 étoiles...
Arrivé à la 5ème, je suis obligé de constater le désastre.

YvanMarchand
4
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le 6 sept. 2021

Critique lue 215 fois

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