Ce téléfilm qui s’inspire en “apparence” de l’histoire Xavier Dupont de Ligonnès, mais il résonne plutôt “selon les médias” avec l’histoire de John List, un américain de 46 ans, vendeur en assurance, qui a tué toute sa famille dans les années 70 dans le New Jersey. Retrouvé une vingtaine d’années plus tard grâce à la célèbre émission de recherche de disparus “America’s Most Wanted”, diffusé en 1989, reconnu par un ancien voisin, il avait refait sa vie….
Ici je lien avec l’article le plus intéressant que j’ai trouvé sur l’affaire de John List:
https://www.programme-tv.net/news/series-tv/239746-la-part-du-soupcon-la-vraie-histoire-derriere-le-telefilm-de-tf1/
En lisant cet article sur John List justement, j’ai surtout pensé à l’affaire de Jean-Claude Romand, un français, qui a menti à ses proches pendant dix-huit ans en se prétendant médecin et chercheur, alors qu'il n'avait aucune activité, avant de les assassiner en 1993. (Au passage le roman d’Emmanuel Carrere “l’adversaire” sur cette affaire où il entretient une correspondance avec lui une vraie pépite ;) ).
Revenons au téléfilm, personnellement, je vais aller à l’encontre des critiques déjà émises, j’ai réellement apprécié. Kad Merad interpréte tres bien le rôle du criminel, parfait en apparence, et sa compagne rentre très bien dans le rôle de la femme sensible, complètement dans le déni face aux atrocités de son propre mari.
Certains reprocheront la lenteur, le manque d’investissement de Kad Merad, au contraire, je le trouve excellent, puisque c’est de ça qu’il s’agit : jouer je rôle d’un mec ordinaire, bien inséré, qui a tué toute sa famille de sang froid. Et comme dirait l’enquêtrice “ le diable se cache dans les détails”, d’ailleurs c’est les détails qui le trahiront avec ses habitudes, sa routine … Car tout est routinier dans cette famille, les horaires de réveil, de coucher, de repas, d’appel téléphonique… Un peu comme chez tout le monde me direz vous? Et c’est bien ça le problème, c’est que son quotidien c’est celui de monsieur tout le monde, même un peu plus parfait que chez les autres, on ne crie pas, on s’aime, on est très polie, apprécié par ses pairs, excellent père de famille, excellent mari, excellent collègue, excellent voisin, excellent gendre, excellent tout …
Et oui le monstre n’a pas toujours un visage de monstre malheureusement…
Meme si on se doute du dénouement, et je crois que c’est aussi ce qui est reproché à ce film, mais Il n’a pas été créé comme une intrigue, où il faut deviner qui est le coupable justement. Le but c’est d’avoir un petit doute, qui subsiste ou non, mais surtout de comprendre le fil, le dénouement, les étapes d’un homme bien sous ton rapport qui mène ce quotidien qui ressemble à plein d’autres, sans violence, en apparence …
Le calme olympien que dégage Thomas est quand même suspicieux, qui resterait calme face un déferlement pareil?? Il continue sa petite routine tranquillement alors qu’il est accusé de toute part, rien ne l’inquiète vraiment. Ce passage où sa femme est déboussolée, et lui qui lui demande “t’as fermé le portail?” Glaçant …
Dans ce calme, qui au départ rassure sa femme, là aussi se trouve un indice. N’était ce pas les psychopathes qui gardent “toujours” leurs calmes? N’était-ce pas eux qui ne ressentent jamais de stress et d’anxiété? Ce calme aurait dû faire douter sa femme… Mais c’est peut être ce calme, qui l’a séduite …