Le pitch initial donne le vertige : La Maison Blanche, 132 pièces, 157 suspects, un corps mort découvert durant un dîner d'Etat regroupant américains et australiens et une détective qui est également une ornithologue passionnée.
Je craignais une surenchère un peu vaine, un montage chaotique, une enquête peu crédible. En fait la série m’a agréablement surpris puis accroché.
Bien sûr il faut aimer l’ambiance Agatha Christie, l’humour anglais, Les jeux type Cluedo, les répliques acérées, les dialogues un peu surréalistes et les personnages marqués. Il ne faut pas non plus hésiter à plonger dans les méandres architecturaux et quotidiens de la Maison Blanche.
A ces conditions vous découvrirez que cette série est un vrai bijou, un régal pour les neurones et un sympathique moyen de se moquer des puissants, des riches et des politiques.
Outre une distribution parfaite La Résidence dispose de trois atouts majeurs :
Le rythme d’abord et l’on sait qu’une bonne comédie doit savoir en jouer, le doser, le chérir faute de quoi les vannes vont tomber à plat, les dialogues sembleront insipides et l’histoire interminable. Shonda Rhimes, productrice, nous a habitués à booster ses œuvres (je pense par exemple à la série Scandal se déroulant dans l’univers politique) et l’on retrouve ici son style alerte et captivant.
La distribution ensuite, parfaite. Uzo Aduba qui incarne Cordelia Cupp (la détective) assume pleinement son rôle décalé. Elle est habilement secondée par un Watson dépassé (Randall Park, acteur coréen qui incarne ici un agent du FBI). Giancarlo Esposito livre quand un lui un rôle tout en nuances et retenue.
L’intrigue enfin à la fois tortueuse et d’une grande clarté. Comme dans tout polar qui se respecte on à droit à plusieurs pistes mais chacune semble cohérente, porteuse de sens contribue à la découverte du ou des vrais coupables (je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher la fête).
J’ai donc pris un grand plaisir à suivre cette histoire drôle et intrigante. C'est un peu comme se replonger avec délice dans un vieux Sherlock Holmes ou un Arsène Lupin mais dans un contexte et avec des personnages modernisés.