L'écriture de La Révolution fait preuve d'une légèreté déconcertante. Comme souvent dans les excursions françaises sur les sentiers (forcément avilissants) du divertissement populaire, on assiste ici au mélange d'inspirations mal digérées et d'intuitions faussement intellectuelles. A moins de sortir d'un long coma culturel, difficile donc de se laisser séduire par le cabotinage et les grimaces de l'antagoniste, ou encore par la narration confiée à un enfant à qui on fait dire des "mots d'adulte" (voire de très jeune adulte, pour ne pas dire de bachelier en plein éveil politique et philosophique). Ni le croisement des genres historique/SF sur lequel cette uchronie repose ni les efforts mis dans sa réalisation ne parviennent à masquer la pauvreté du "propos" que ses auteurs prétendent développer. Il en ressort un nanar immature, tout fier de montrer qu'il a saisi les enjeux les plus élémentaires de la période révolutionnaire (spoiler : l'abolition des privilèges et de la société d'ordres - vous l'aviez pas vu venir hein ?), tellement fier qu'il va s'arrêter là, d'ailleurs... Ce n'est ni plaisant ni instructif, et ça se prend beaucoup trop au sérieux pour inspirer une quelconque bienveillance.