Le Fléau
5.3
Le Fléau

Série CBS All Access (2020)

Une apocalypse qui traîne un peu trop la patte

Le Fléau promettait une adaptation épique du roman culte de Stephen King, avec des épidémies, des forces surnaturelles, et une lutte entre le bien et le mal au cœur d’une Amérique dévastée. Sur le papier, tout est là. À l’écran, c’est un peu comme un puzzle où les pièces sont toutes là, mais assemblées dans le désordre.


Le point de départ est saisissant : une pandémie dévastatrice anéantit la quasi-totalité de l’humanité, laissant place à deux camps opposés, chacun guidé par une figure emblématique. D’un côté, la sage et bienveillante Mère Abagail, de l’autre, Randall Flagg, incarnation du mal en jean cool et sourire narquois. Mais au lieu d’un combat titanesque, la série se perd dans un rythme irrégulier et des personnages qui peinent à captiver.


Le format non linéaire, censé ajouter de la tension, finit par embrouiller plus qu’il n’éclaire. Les flashbacks incessants rendent difficile de s’investir dans l’histoire, et certains moments clés manquent cruellement d’impact émotionnel. Résultat : au lieu de frissonner face à l’ampleur de l’apocalypse, tu te demandes si le montage n’a pas été confié à un stagiaire pressé.


Côté casting, il y a du potentiel. Whoopi Goldberg incarne Mère Abagail avec une sagesse rassurante, et Alexander Skarsgård est un Randall Flagg charismatique, bien que sous-exploité. Mais les autres personnages sont souvent trop fades ou caricaturaux pour qu’on s’y attache vraiment. On est loin de l’intensité et de la complexité que King a su insuffler à son roman.


Visuellement, Le Fléau livre quelques scènes réussies, notamment dans sa représentation d’une Amérique post-apocalyptique désertée et inquiétante. Mais les moments de tension surnaturelle, pourtant cruciaux, manquent de subtilité ou d’originalité, rendant le tout un peu trop plat pour une œuvre de cette envergure.


En résumé : Le Fléau avait les moyens d’être une fresque apocalyptique inoubliable, mais se noie dans une narration confuse, des personnages peu mémorables, et une mise en scène qui manque de mordant. Une série qui ressemble plus à une tempête dans un verre d’eau qu’à un véritable raz-de-marée dramatique. À voir si tu es fan inconditionnel de Stephen King… et que tu as beaucoup de patience.

CinephageAiguise
5

Créée

le 18 nov. 2024

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