Si Le Serpent était un tueur en série, ce serait un mec charmant, bronzé, ultra-stylé… mais avec un passeport faux, une valise pleine de mensonges et un regard qui dit “je vais te tuer avec élégance”.
Le concept ? L’histoire vraie de Charles Sobhraj, un escroc manipulateur et tueur en série qui sévit en Asie dans les années 70, en s’attaquant principalement à des hippies occidentaux en quête de spiritualité et de LSD. Avec ses chemises à motifs et son sourire de serpent (d’où le titre, malin), il embobine tout le monde pendant que les cadavres s’accumulent lentement mais sûrement.
Le gros point fort de la série, c’est son ambiance soignée et rétro, entre cartes postales du bout du monde et tension latente à chaque coin de rue. Tahar Rahim est impeccable en tueur froid au sang plus glacé qu’un cocktail à Bangkok, et Jenna Coleman campe la complice glaçante qui donne l’impression de pouvoir assassiner quelqu’un en buvant un thé.
Mais Le Serpent, c’est aussi une série qui aime s’observer dans le miroir. Le rythme est lent, les allers-retours dans le temps sont nombreux, et parfois tu passes plus de temps à comprendre la chronologie qu’à trembler pour les personnages. Le tout manque parfois d’émotion ou de tension directe, comme si on regardait un diaporama mortel avec un fond sonore envoûtant.
Malgré ça, Le Serpent reste une plongée stylisée et fascinante dans le cerveau d’un tueur insaisissable, et un rappel que le danger peut avoir un visa, un brushing parfait et un sourire Colgate. Un thriller qui glisse lentement… mais qui mord quand on s’y attend le moins.