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Je n’ai vu que le premier épisode du Suicide français, l’adaptation télévisée du livre d’Éric Zemmour, et je l’ai trouvé d’une nullité assez affligeante.
Son seul intérêt tient aux images d’archives. Mais elles sont utilisées comme un simple habillage : elles défilent derrière une voix off qui accumule les affirmations sans jamais les démontrer. L’ensemble ressemble à une sorte de zapping : un fait, une réforme, une image, une indignation, puis on passe immédiatement à autre chose.
Ce qui frappe surtout, c’est l’absence totale d’argumentation. Zemmour présente comme des causes de la « décadence » française le remplacement de l’autorité paternelle par l’autorité parentale, le vote du droit à l’avortement ou encore les réformes de l’école visant à accueillir un plus grand nombre d’élèves. Mais il ne développe rien. Il se scandalise, il assène, il suggère que le lien est évident — et c’est tout.
Le passage sur l’avortement est particulièrement vide. Il évoque des raisons « utilitaristes », sans expliquer ce qu’il entend par là, ni construire le moindre raisonnement. De même, les réformes scolaires sont simplement présentées comme une dégradation, sans aucune réflexion sur les objectifs poursuivis, les difficultés rencontrées ou les débats qu’elles ont suscités.
Le segment sur les « juges rouges » fonctionne exactement de la même manière : une grande thèse politique est illustrée par une affaire criminelle quelconque, comme si cela suffisait à prouver quoi que ce soit. La contestation de la loi Pleven est également expédiée sans véritable démonstration.
Visuellement, c’est souvent très pauvre. Entre les archives et des images de mauvaise qualité qui ressemblent à du Getty Images, la série donne l’impression d’un mauvais spot publicitaire. Elle prétend raconter et expliquer l’histoire récente de la France, mais elle ne fait qu’enchaîner des séquences très courtes pour entretenir un sentiment de déclin.
Au bout de cinquante minutes, rien n’est approfondi, rien n’est réellement expliqué. On a surtout l’impression de regarder un long argumentaire de campagne pour son parti politique, avec des archives en arrière-plan.
Créée
le 29 juin 2026
Critique lue 117 fois
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