Le Transporteur
3.3
Le Transporteur

Série M6 (2012)

Quand la course-poursuite finit dans le fossé, sans GPS ni adrénaline

Le Transporteur version série, c’est un peu comme si tu t’attendais à monter dans une voiture de sport pour une virée pleine de vitesse et de cascades, mais qu’en réalité, tu te retrouvais dans une vieille Twingo avec un GPS cassé, roulant à 30 km/h dans la file de droite. Inspirée de la célèbre franchise de films avec Jason Statham, la série Le Transporteur promettait des courses-poursuites explosives, des missions périlleuses et un héros au charisme indestructible. Mais au lieu de cela, elle nous livre une version sans saveur, où l’action patine autant que le scénario.


Frank Martin, notre fameux Transporteur, a beau être au volant de bolides toujours plus puissants, il semble lui-même coincé dans la première vitesse. Chris Vance, qui incarne le héros, essaie tant bien que mal de jouer les gros bras, mais il manque cruellement de l’intensité et du charisme glacial qui faisaient de Statham une légende dans les films. Le problème, c’est que Frank Martin passe plus de temps à ajuster sa cravate ou à jouer les messieurs propres qu’à vraiment nous faire vibrer. Chaque scène censée être un moment intense se transforme en un exercice de style sans âme, et on se retrouve à se demander si ce "transporteur" transporte autre chose que de l’ennui.


Les scènes d’action, qui devraient être le cœur palpitant de la série, tombent souvent à plat. Certes, il y a des voitures, des courses-poursuites, et quelques fusillades ici et là, mais tout ça manque cruellement de punch. Les chorégraphies de combat, au lieu de te faire retenir ton souffle, ressemblent davantage à une répétition d’arts martiaux pour débutants qu’à de véritables affrontements explosifs. Et que dire des courses-poursuites ? Elles sont aussi prévisibles qu’une ligne droite sans obstacles, et même les explosions semblent s’ennuyer elles-mêmes.


Le scénario, lui, est aussi mince qu’une feuille de papier oubliée sous un pneu de Porsche. Frank Martin est un chauffeur professionnel qui accepte des missions dangereuses sous trois règles strictes : ne jamais changer les termes du contrat, ne jamais poser de questions, et ne jamais ouvrir le colis. Problème ? Tout ça a déjà été fait, et mieux, dans les films. Dans la série, chaque mission se ressemble, et les rebondissements sont plus visibles à des kilomètres qu’un radar automatique. On passe d’une mission à l’autre sans réelle tension, sans suspense, comme si tout le monde, y compris les scénaristes, savait déjà comment ça allait se finir.


Les personnages secondaires, eux, n’apportent pas grand-chose à l’ensemble. Que ce soit l'alliée hacker ou les ennemis à peine menaçants, tout le monde semble faire de la figuration dans cette histoire. Ils sont là pour remplir des cases, sans jamais vraiment réussir à enrichir l'intrigue ou à offrir des moments mémorables. On aurait aimé des adversaires charismatiques ou des alliés surprenants, mais ici, tout est aussi plat qu’une route de campagne sans nids-de-poule.


Visuellement, la série essaie de faire comme les grands avec ses voitures de luxe, ses décors internationaux et ses séquences "épiques", mais tout ça semble un peu cheap. Les plans des grandes villes sont jolis, certes, mais tu te retrouves souvent à penser : "C’est sympa, mais où est l’action ?" Le décalage entre la prétention visuelle et le manque de véritable adrénaline se fait cruellement sentir.


Le plus gros problème de Le Transporteur, c’est qu’elle se prend trop au sérieux pour une série d’action qui aurait pu assumer son côté fun et décomplexé. Au lieu de s’amuser avec des cascades invraisemblables, des répliques badass et des retournements de situation ridicules (qu’on aurait pardonnés dans une série de ce genre), elle essaye de jouer la carte du sérieux, mais sans avoir les moyens de ses ambitions. Le résultat ? Une série qui roule sur les bases du film d’action, mais sans jamais trouver la pédale d’accélérateur.


En résumé, Le Transporteur est une série qui aurait pu offrir du divertissement pur et dur, mais qui finit par être plus soporifique qu’explosive. Entre un héros sans charisme, des scènes d’action sans saveur, et un scénario qui tourne en rond, cette adaptation manque cruellement de tout ce qui faisait le charme des films. Si tu espérais des poursuites en voiture à couper le souffle, mieux vaut te rabattre sur un bon vieux film de la franchise et laisser cette série sur le bas-côté.

CinephageAiguise
3

Créée

le 9 oct. 2024

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