Une découverte que cette mini-série, au titre bien balancé et bien intrigant, créée au temps de l'ORTF, sortie lors de l'été 1968.
En plus, pour appâter le gogo (que je suis), cette mini-série de 7 épisodes a été diffusée en deuxième partie de soirée, affublée du mythique carré blanc. Ça promettait vraiment …
Ultérieurement, j'ai lu sur wikipédia, que la série fut rediffusée en 1987, en après-midi ... et sans carré blanc. Le spectateur de 1987 devait être bien plus aguerri. À moins que …
Mais d'abord, le sujet … Un jeune journaliste et une jeune femme sont confrontés, par hasard, à une étrange organisation secrète, "les compagnons de Baal" qui se révélera rapidement être une entreprise criminelle dont l'objectif est la domination du monde. Rien que ça. J'ai même cru comprendre à un moment que l'organisation secrète fonctionnait sur un modèle du genre reconstitution de ligues nazies mais, il s'agit probablement d'une fausse piste puisqu'abandonnée dans la suite.
Spoiler : L'organisation, conduite par un grand maître, est assujettie au culte de Lucifer et ne doit reculer devant aucun sacrifice ou aucun crime pour parvenir à l'objectif. En particulier, elle utilisera à son profit les revenus du trafic de drogue en mettant au pas les trafiquants.
Je ne cacherai pas longtemps que le résultat des courses n'est pas du tout à la hauteur des attentes avant le visionnage de la série. Peut-être dû à un manque de moyens ou une mise en scène peu élaborée de mon point de vue.
Mais d'abord, c'est le scénario qui me semble un peu faiblard et peu cohérent car on n'y croit pas une seule seconde sauf peut-être dans le premier épisode, le temps de découvrir les personnages.
Ensuite, malgré les discours enflammés et menaçants du grand maître qui condamne à mort à tour de bras et avec application immédiate, l'action piétine. D'abord, les condamnations immédiates ne le sont pas, souvent d'ailleurs à cause du grand maître lui-même qui savoure son pouvoir sur ses victimes, donnant le temps à une ressource extérieure pour venir sauver le condamné à mort. Mais les ficelles sont tellement grosses et voyantes, qu'on se demande juste quelle sera la ressource extérieure… Bien souvent, il n'y a vraiment pas de quoi effrayer un spectateur et justifier ce carré blanc …
Parce qu'en fait, il n'y a guère que le grand maître à être terrible au moins dans ses discours car le reste de la bande est étrangement soumis derrière des masques. Et heureusement pour lui, il n'a en face que de jeunes journalistes qui rivalisent de naïveté mais surtout une police complètement à l'ouest avec un commissaire peu dynamique, bien peu inquisiteur qu'on croirait presque complice (a minima, complaisant).
Ah oui, les trafiquants de drogue qui sont à la botte du grand maître ! C'en est au point qu'ils n'osent pas prononcer le mot de Baal, tellement ils ont peur. Et quand ils envisagent de se rebiffer, ils se font rafaler comme des minables par les compagnons de Baal à coups de PM. En toute discrétion, puisque personne ne s'en émeut, ni ne s'y intéresse. On y croit tous …
Pour rester gentil et bon public, on va dire que tout ceci a beaucoup, beaucoup vieilli.
Ou alors, il ne faut pas regarder la série comme je l'ai fait, un ou deux épisodes de 50 minutes par soir, mais comme la télé l'avait programmé en 1968, à savoir un épisode de 50 minutes par semaine. Dans ces conditions, on s'attache peut-être moins à la cohérence du scénario ou au détails du jeu des acteurs. Peut-être ...