L’idée de départ de Les Lionnes est franchement efficace : cinq femmes ordinaires, coincées dans des situations financières compliquées, décident presque sur un coup de tête de braquer une banque. Ce premier braquage, assez improvisé, donne immédiatement le ton de la série. Rien n’est parfaitement maîtrisé, tout est un peu chaotique, mais c’est justement ce qui rend le groupe attachant.
Le premier épisode fonctionne très bien parce qu’il installe rapidement cette dynamique. Rosalie et Kim se lancent dans le braquage presque par désespoir, et la scène où elles découvrent qu’elles ont gagné seulement quelques milliers d’euros chacune est à la fois drôle et absurde. Le moment où Rosalie balance les billets en l’air en disant que ça fait « à peine six mille euros chacune » résume bien l’esprit de la série : un mélange d’adrénaline et de galère quotidienne.
Ce qui marche le mieux dans la série, c’est clairement la dynamique du groupe. Les cinq femmes ne sont pas des criminelles professionnelles, et ça se voit dans leur manière d’agir. Par exemple, après le braquage, certaines commencent immédiatement à dépenser l’argent n’importe comment alors que la police commence déjà à enquêter. Cette contradiction permanente entre leur vie normale et leurs activités criminelles crée souvent des situations assez absurdes, mais aussi assez crédibles.
La série arrive aussi à rendre ses personnages plutôt attachants. Chacune a ses propres raisons de participer aux braquages : les problèmes d’argent, les frustrations personnelles, ou simplement l’impression de ne plus avoir d’autres options. Ce côté très humain donne parfois l’impression que les Lionnes ne sont pas vraiment des criminelles, mais plutôt des femmes qui ont pris une mauvaise décision… puis une deuxième… puis une troisième.
Cependant, la série n’est pas toujours aussi solide qu’elle pourrait l’être. Après le premier braquage, l’histoire commence parfois à tourner un peu en rond. L’idée que les Lionnes doivent recommencer parce que l’argent ne suffit pas est intéressante, mais certains épisodes donnent l’impression de répéter la même mécanique : un nouveau problème, un nouveau braquage, puis une nouvelle complication. À force, l’effet de surprise disparaît un peu.
Certains personnages secondaires sont aussi un peu caricaturaux. Le maire, par exemple, est tellement odieux qu’il en devient presque une caricature de politicien corrompu. De la même manière, certaines figures du milieu criminel apparaissent surtout comme des obstacles scénaristiques plutôt que comme de vrais personnages.
Malgré ces défauts, la série reste assez divertissante. Les scènes de braquage sont souvent tendues, mais aussi maladroites, ce qui donne un ton assez particulier entre le polar et la comédie. On sent que la série cherche à montrer comment un simple acte désespéré peut entraîner toute une spirale de problèmes.
La fin de la saison, d’ailleurs, laisse volontairement plusieurs choses ouvertes. Après toute cette montée de tension, le dernier épisode donne l’impression que les Lionnes sont déjà coincées dans un engrenage dont elles ne peuvent plus sortir. Ce n’est plus seulement une question d’argent : c’est devenu une fuite en avant.
Au final, Les Lionnes est une série assez sympathique, portée par un groupe de personnages attachants et un concept efficace. Mais elle manque parfois d’un peu de renouvellement dans son intrigue et d’un développement plus profond de certains personnages.