Chilling Adventures of Sabrina : une série dangereusement irresponsable pour un public jeune

Sabrina se présente comme une série dark, progressiste et inclusive. Pourtant, derrière son esthétique soignée, elle diffuse des messages profondément problématiques, en particulier pour un public adolescent.

Le principal problème n’est pas que Sabrina soit immature ou autoritaire — cela aurait pu être intéressant. Le problème est que la série ne remet jamais réellement son héroïne en question. À chaque fois que des personnages (Lilith, Zelda, Nick) lui pointent ses fautes ou ses dérives, ces moments sont rapidement évacués, sans conséquences durables. La responsabilité est nommée… puis annulée.

La dérive la plus grave concerne le traitement du traumatisme et de la détresse psychique. Nick Scratch, après avoir été possédé et sacrifié, développe un état traumatique profond allant jusqu’à une tentative de suicide. Or la série envoie des signaux extrêmement inquiétants :

sa parole n’est pas réellement écoutée,

sa souffrance est culpabilisée,

il est réprimandé après sa tentative,

et on lui rappelle que “le coven a besoin de lui”, comme si le collectif justifiait l’effacement de l’individu.

Le message implicite pour un jeune spectateur est glaçant :

si tu souffres trop, tu déranges ; si tu es brisé, tais-toi ; ta valeur dépend de ton utilité.

La série prétend parler de bienveillance, mais elle normalise en réalité :

la culpabilisation de la vulnérabilité,

le sacrifice forcé,

le silence face au trauma,

et une morale autoritaire où le bien collectif écrase l’individu.

À cela s’ajoute un puritanisme hypocrite : les sexualités non normatives sont jugées ou pathologisées, tandis que la violence (armes, logique guerrière, sacrifice) est banalisée et jamais questionnée.

Le plus choquant n’est pas que ces thèmes soient abordés — c’est la légèreté avec laquelle ils sont traités, sans garde-fou, sans contre-discours, dans une série clairement destinée à des adolescents.

Sabrina n’est pas simplement inégale ou maladroite.

Elle est moralement irresponsable, car elle diffuse, sous couvert de progressisme, des messages qui peuvent décourager la parole, renforcer la culpabilité et banaliser l’écrasement psychique des plus fragiles.

C’est une occasion manquée — et surtout, une série dont l’impact mérite d’être sérieusement interrogé.

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le 2 janv. 2026

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