Libération et d'autres n'hésitent pas à évoquer Twin Peak en parlant des Revenants, à croire qu'il s'agisse de la seule est unique référence que les journalistes connaissent à force de nous la ressortir à chaque nouvelle série un brin fantastique. Personnellement j'y vois plus une sorte de sous Lost. Chaque épisode nous apporte son lot d'intrigues que les scénaristes se gardent évidement de nous expliquer, et entre ça, ben on a pas mal de vide. Comme dans la série de J.J Abrams on a d'ailleurs le droit à son lot d'incohérence, au point que je me demande même si je n'ai pas raté un passage tant l'accélération des événements semble inexplicable entre l'épisode 7 et 8.
A première vu, comme beaucoup de films et séries contemporaines, Les Revenants semble surfer sur la vague “zombie” en suivant l'irruption de personnes décédés, réapparaissant comme si de rien était au sein des vivants. Mais rien à voir avec les morts-vivants à la Dead Set ou Walking Dead. Le mystère entourant les personnages reste surtout un prétexte pour suivre leur (ré)intégration au sein de leur familles, amis, et plus largement de la société. L'histoire se focalise d'ailleurs autour d'un groupe de personnages un peu trop restreint à mon goût. La série à beau être fantastique, ça n'excuse pas l'absence de quasi toute une ville à l'écran.
Quand on utilise d'ailleurs l'argument fantastique comme motif, dans le but de mettre en avant certaines interactions humaines, il faudrait pouvoir évider certains poncifs entourant ses personnages. Je n'en dis pas plus, j'aurai l'impression d'en dévoiler trop en vous parlant de l'amant mélancolique tête à claque et du flic pas très net.
Le cadre de l'histoire aurait pu être un des atout de la série mais semble mal exploité. Le paysage montagnard offre de belles cartes postales, mais ça s'arrête là. C'est une des raisons qui m'avait pourtant fait poursuivre la série. La photo est pas mal, malgré une réalisation un peu molle. Je m'attendais à quelque chose d'un peu plus inquiétant peut être, mais non, tout se passe à la bibliothèque, au commissariat et dans le bar du coin. Certains mettront peut-être ce détail en avant, prétextant un encrage dans la réalité plus fort ... moins j'y vois un manque d'idée avant tout.
Pour ce qui est de la BO, Mogwai nous livre un album plutôt sympa, mais qui ne colle malheureusement pas à la série. En témoigne le morceau plus qu'épique We're No Here, utilisé à chaque début d'épisode pour le résumé des événements précédents La tension monte à son comble pour tomber directement à plat dès la 5ème minutes (n'est pas Michel Mann qui veut).
La série atteint quasiment 7 de moyenne quand même, au pire pour 8 épisodes ça ne sera pas la plus grosse perte de temps de votre vie.