Imaginez. Quelque part perdu dans les montagnes. Vous avez perdu votre enfant il y a maintenant des mois. Vous ne vous remettez pas de sa perte, et alors que vous essayez de vous reconstruire, celui-ci revient, comme si rien ne s'était passé. L'effroi d'abord, vous glace le sang. Vous pensez à une hallucination, un mauvais rêve. Pourtant, son apparition est bien réelle. Alors est-ce un miracle ? Pas si sûr...
Le potentiel dramatique des Revenants est saisissant. Fabrice Gobert, créateur de la série, a imposé au paysage audiovisuel français un récit novateur, acéré et terriblement anxiogène. Ce malaise latent vient de la photographie de Crewdson, qui conjugue à merveille ce paradoxe : le réalisme fantastique. Maîtres incontestés du post-rock, Mogwaï est la cerise sur le gâteau d'une production déjà bien garnie. Leurs nappes psychédéliques et dérangeantes ne sont que le reflet de ce que l'homme cache à l'intérieur de lui. Une peur dont il ne peut parler, un désir qu'il ne peut avouer.
Mais, que faire et quoi penser lorsque une telle expérience nous arrive ? Dans une totale empathie, le spectateur prendra un plaisir coupable à suivre ce casting cinq étoiles. Composé d'acteurs qui font la gloire du cinéma français, Les Revenants n'est pas seulement une prouesse formelle, mais aussi un modèle d'écriture. Si ces huit épisodes prennent parfois trop de temps à faire avancer l'intrigue, ce n'est que pour mieux nous immerger dans ce conte revisité. Le rapport à la mort, aux pêchés et à la remise en cause sous-tend l'arc narratif de cette série. Interpelé par d'obscures notions qui le passionne, le public pourra au dénouement se poser l'une de ces nombreuses questions : tout le monde a t-il droit à une seconde chance ?
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