Il y a un vrai problème dans les productions françaises. En trois temps, les personnages chiants, la surexposition lourde, et les fautes de gout.
Difficile de faire une série avec un seul personnage pour tous les rôles. Vous aurez beau le déguiser en soldat, veuve, docteur, chercheuse, prostituée, journaliste, espion, politique, il restera toujours ce même personnage qu'on retrouve dans TOUTES les séries françaises : rabat-joie et tragique. Le pire dans tout ça c'est que dans un soucis de cohérence, ce personnage boursoufflé d'orgueil ne peut pas changer, il doit rester chiant du début à la fin.
Un autre travers des Sentinelles, la surexposition. La série n'en finit plus de nous expliquer les enjeux, les forces en présence, les concepts, ce qui est en train de se passer. Au final ceux qui veulent de l'action seront déçus car il n'y en a pas assez, ceux qui veulent de la profondeur seront déçus car on leur hôte le plaisir exploratoire. C'est beau quand c'est cryptique. Laissez les rêveurs conjecturer, laisser les autres passer à côté du sujet, ceux là ne sont pas venus pour ça.
Enfin, les fautes de gout. On ne passe pas du Rock FM (Beth Ditto) dans un café parisien en 1915. Probablement que l'idée ici était de dire au spectateur : Ce qui va suivre est une fiction uchronique, on va tout se permettre... En OST c'est cool par contre ça ne fonctionne pas du tout en diégétique. Autre faux pas, le mythe "sadien" pour rappeler qu'on est en France. Vous aurez donc droit aux clichés érotico freaks traditionnels, obèses, nains, amputés, chicots, sueur, sébum et poils... Bref le cabaret, le vrai qui pue des bras et qui a fait le succès des clips de Mylène Farmer.
Impossible donc de sortir de ces ornières. C'est dur car il y a du savoir faire et de l'envie. Au niveau costumes, sets, maquillage et photo Sentinelles est très solide. Les scènes d'action sont bonnes, les acteurs font ce qu'ils peuvent avec leur script.
5.