Je fais partie des vieux cons qui ont rincé la BD et qui ont attendu pendant plus de dix ans une adaptation ciné. Parce que oui, à la base cela devait être un film, pas ce serial insipide ...
La BD avait des qualités et des défauts. Le trait d'Enrique Breccia est spécial, il peut ne pas plaire à tout le monde. Le ton de Xavier Dorison est grinçant : le nationalisme chauvin en prend pour son grade, on est proche des Sentiers de la gloire, interdit par notre belle nation. Les Sentinelles sont de fait plus des Iron Man, que ces Captain America de seconde zone que nous propose Canal +. Taillefer a été démembré par les fragments des obus allemands. On va le reconstruire tel Steve Austin et lui donner une énergie inépuisable, se propre pile dont il est l'inventeur. Et le voilà propulsé malgré lui comme symbole national sur tous les fronts, y compris les Dardanelles.
La série nous donne un mélange bancal d'intrigue d'espionnage dans les bas fonds parisiens avec des super-héros que n'auraient pas renié Marvel. Tous les poncifs (L'Übermensch allemand, le Darth Vader du pauvre), toutes les ficelles narratives simplistes (le soldat blessé qui finalement sauve ses copains) sont présents.
Dorison avait évité ces écueils avec des scénarios intelligents et des personnages fouillés. Chaque épisode ici conclue sur un cliffhanger "haletant" pour vous amener au suivant, et le final est d'une pauvreté narrative abyssale.
Parlons quand même des points positifs : même si le soldat Ferraux, le héros de l'histoire, ne restera pas dans les mémoires, les acteurs qui l'entourent sont eux globalement bons, surtout les femmes. La réalisation est carrée, efficace. On ne peut enlever à certains épisodes qu'ils ont de vrais bons moments d'action.
C'est ce qui me fait mettre la moyenne. Mais pas plus.