Lucky Hank
6.1
Lucky Hank

Série AMC, OCS (2023)

Prémonitoire mais pas indispensable

A mon habitude, je vais énumérer quelques réflexions sur cette série qui m'a suffisemment intéressé pour que j'aille jusqu'à la fin.

Je garde une sensation douce-amère de ce visionnage. Ce n'est pas tout à fait nouveau, ce quinqua en crise tombé dans un dépression confortable. Ce prof a renoncé à l'ambition d'écrire en obtenant un poste de directeur du département de littérature anglaise d'une université moyenne dans une ville moyenne quelque part sur la côte est. C'est un peu le cliché de tous ces films que Woody Allen continue à sortir à intervalle régulier dès qu'il est en panne d'idée. Je pense à "Irrationnal Man" qui m'avait profondément agacé. Pourquoi s'intéresser encore une fois au état d'âme d'un intello suffisant et cynique. Aveugle à ce qui l'entoure.


Heureusement pour la narration, sa hiérarchie pratique sur son département (et apparemment tout le monde académique) une expérience digne de 'Mon oncle d'amérique' : restrictions budgétaires ! Il faut virer 33% du corps enseignant. C'est aussi une expérience scénaristique : comment ce "veinard de Hank" va-t-il sélectionner les personnes à licencier parmi son entourage de glandus qu'il se plait à tous mépriser à égalité depuis si longtemps.


Là où la série est prémonitoire c'est qu'elle date de 2023, 2 ans avant le nouveau mandat Trump, et pourtant on pense très fort à l'obsession de couper les budgets et les têtes dans la fonction publique. L'indice qui semble confirmer que l'analogie est volontaire est que les coupes servent à participer au projet d'un milliardaire du nom de Jeffrey Epstein. C'est censé être un autre Epstein qui aurait fait fortune dans les air-fryers. Cette part du scénario est traité en farce bien moins 'réaliste' que les relations familiales de Hank.

Je me suis plu à me demander à quel point les USA vont se retrouver de plus en plus à devoir développer des métaphores pour continuer à critiquer leur dictateur préféré. Un peu comme les pauvres dissidents du bloc de l'est sous la guerre froide.


Sinon inutile de m'étaler plus sur le scénario. Les rebondissements ont une légèreté qui contrebalance bien ce qui aurait été un drame familial un peu pesant émotionnellement. On sera soulagé que contrairement à un personnage de Woody Allen, le prof ne couchera pas avec son élève. Ce qui fait un sacré cliché en moins !


Au final, rien d'indispensable dans cette série qui ne sera d'ailleurs pas reconduite pour une nouvelle saison. Mais des qualités de bienveillance entre des personnages tous un peu en lutte pour conserver leur santé mentale. On y trouvera de précieux conseils pour atténuer des conflits en sachant se retenir de donner son avis. Moins de paroles plus de présence.

foboki
6
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le 25 janv. 2026

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