A la vision de la bande-annonce, j'étais déjà très gêné par les choix de cette nouvelle adaptation. Ou plutôt, j'étais gêné de ne pas les comprendre. Je n'ai pas ri, ni même souri. En général, on déplore souvent qu'une bande-annonce concentre les meilleurs gags, les meilleures scènes d'action... et que la série (ou le film) paraisse ensuite un peu diluée.
Ici, même une bande-annonce de 2'30 m'a parue interminable, sans queue ni tête. OK, Luke aide une ado à retrouver sa mère, admettons. Mais où sont les punch lines, les gags visuels, le décalage de cet univers à la fois authentique (Western poussiéreux et impitoyable) et loufoque (Rantanplan, les Daltons, etc) ?
Dans cette version 2026, on a l'impression que rien ne commence jamais. On espère, en vain. Les personnages, gentils ou méchants, ont beau avoir de jolis costumes, ils n'ont rien à faire vivre et ne sont pas drôles. Ils sont même très lourdingues. Et il faut 35 minutes pour résoudre ce qu'un dessin animé aurait réglé en 10.
En fait, au bout de deux épisodes regardés attentivement (au prix d'efforts surhumains), j'ai encore du mal à cerner ce qu'ont réellement voulu faire les scénaristes. Si l'idée de confronter Luke à ses limites et à ses origines n'est pas mauvaise en soi (elle permet de dépasser ce que les nombreux albums ont déjà ressassé pendant des années), c'est le traitement de leur intrigue qui ne fonctionne vraiment pas avec moi.
La série semble s'adresser à une très jeune public avec des gags un peu lourds et redondants, mais le rythme est bien trop mou (voire très lent) pour des enfants. Quant aux adultes, ils sont censés apprécier les clins d'oeil plus modernes, mais ce qui fonctionnait dans le ASTERIX d'Alain Chabat ne prend jamais ici. Tout sonne tristement creux, à commencer par les dialogues.
Comme si Lucky Luke essayait de se prendre au sérieux, très premier degrés. Le problème c'est qu'il est ridicule, et cet univers bancal aussi.