On m'a dit "Tu devrais regarder Machine", alors après avoir juste jeté un oeil à la distribution et l'affiche, j'ai décidé de visionner l'épisode 1, et j'ai tout binge-watché...
Comme le commente JoeyStarr, il s'agit de
Kung-Fu, Cyclisme, Syndicalisme et Marxisme.
Sur fond de Karl Marx, donc une intelligentsia politique minimale pour prétendre argumenter avec sens et valeur, désormais remisée au rang de la littérature de fond de bibliothèque, la série propose une réactualisation de la lecture de quelque chose d'oublié : la lutte pour l'honneur de celles et ceux qui travaillent, ceux que l'on oublie, la masse de la population la plus nombreuse et la plus méprisée ; mais elle propose aussi de remettre en question le pouvoir établi, central, celui qui décide de la répartition des richesses, de la force de travail, de la vie ; et faire la différence entre "croire" "faire croire" "questionner" "savoir". Et ce qui vaut pour la fonction travail vaut pour tout le reste, me semble-t-il.
La série est portée par Margot Bancilhon et JoeyStarr, fort bien entourés d'une distribution souvent à contre emploi, que j'apprécie particulièrement : Guillaume Labbé méconnaissable, Anne Benoît impeccable, Michaël Abiteboul truculent, Sébastien Lalanne [je l'adôre], entre autres.
A la fois quelque chose de Kill Bill, de Matrix, un peu de super-héroïne, une touche d'anarcho-syndicalisme, à ne pas confondre avec lutte des classes (comme on disait dans les années 1980).
Des scènes aussi drôles, qu'étonnantes, improbables et cyniques, subtiles et spectaculaires tout autant bourrines, bref, une série d'un bois qui se fait trop rare dans la fiction en générale, et dans la fiction française en particulier.
Dans la catégorie "je réalise mes rêves dans les oeuvres de fiction", j'illustrerais par qui n'a pas rêvé de démolir un cabinet d'audit avec une boîte d'archives comptables et un terminal de carte bancaire !!! C'est chose faite.
Quant au boss final, aussi jouissif que la scène de fight dans le camion dans l'épisode 4 .
Du choix des citations qui font les titres de chaque épisode, il n'y a rien à dire, sinon qu'à constater que les auteurs ont vraisemblablement réellement lu Le Capital ; pourtant il demeure pour moi une incompréhension sans doute, qu'est la citation incipit de la série par un certain Emmanuel M. dont je ne doute pas qu'il ait sûrement lu Karl Marx, mais a dû en oublier la portée dans la réalité humaine, et de cela...
Bref, ce n'est que mon avis, mais la série vaut vraiment le coup à plein de niveaux !