Amazon Prime qui met des billes dans une série française sur une maître du kung-fu qui met ses tatanes au service de la lutte ouvrière aux côtés d'un Joeystarr marxiste. N'ayant à perdre que du temps, allons-y...
Et il faut dire qu'au début j'avais deux-trois morceaux aptes à me mettre en joie. La CGT est à la hauteur de ce que j'ai vu de mes yeux propres, à savoir des petites salopes pour qui la lutte c'est un slogan, tout au mieux une posture.
Restait donc à savoir si j'allais avoir plus de lutte des classes, plus de kung-fu, ou plus d'autre chose.
J'ai eu un peu des trois, et chaque fois c'était pas terrible.
- le marxiste débite des anathèmes mais n'élabore jamais. Il dit juste "tu sais ce qu'il disait Marx ?". C'est bien, on est content, on a des citations. J'ai les mêmes sur https://citation-celebre.leparisien.fr/auteur/karl-marx
- la maître du kung-fu tape mollement, se fait taper mollement, par un chorégraphe qui tantôt se souvient qu'il faut filmer de près et en continu et d'autres surjoue les coupures. C'est chiant et lent
- l'autre c'est les camarades et les gens du quotidien dont on ne voit rien, juste des PNJs, y compris ceux avec des dialogues. Le spectre social gilet-jaune-compatible qui va du syndicaliste vendu à l'ouvrier handicapé blasé au gilet-jaune irréductible complotiste et vloggeur est là, mais il n'existe que pour le besoin de ses scènes. Aucun moment où les "gens d'en bas" se retrouvent pour boire, rire, s'engueuler, jouer aux cartes, s'inviter au barbecue...
Et pouah c'est GRIS bordel. Il fait moche tout le temps, on a l'impression qu'il fait froid un lendemain de pluie. A la couleur de la lutte des classes en même temps. C'était peut-être une métaphore.
Ou pas. Peut-être c'était juste un effet nul.