Mayans commence comme un sous-produit de Sons of Anarchy, la surprise en moins. Ses motards barbus et suants se ressemblent tous, et font tellement d'efforts pour paraitre badass qu'ils en deviennent un peu ridicules. Le casting n'arrive pas à la cheville de l'original (qui réunissait Ron Perlman Kim Coates, Tommy Flanaga et Mitch Pileggi, dès sa première saison), mais le cadre américano-mexicain a le mérite d'ajouter une touche de dépaysement.
Tout au long d'un premier épisode à la fois dense et mollasson, on devine le potentiel et de possibles intrigues à venir. Les lignes de force se dessinent, on imagine les futurs points de rupture et les conflits d'intérêts. Il y a beaucoup de personnages, de factions et de pièces à poser, si bien que la mise en place est un peu laborieuse.
On reconnait aussi immédiatement le style d'écriture de Kurt Sutter (The Shield, SoA) : ses thèmes, sa morale et ses obsessions. Malheureusement, on reconnait aussi son côté bourrin et provocateur, qui tombe ici souvent dans une vulgarité qui ne sert pas franchement le propos. Certains aimeront, j’ai apprécié malgré ça.
Narrativement, la ligne directrice de Sutter n’a pas changé : qu'importent vos efforts pour sortir de la merde, vos erreurs passées reviendront toujours vous hanter et vous foutre la tête sous l’eau. Alors si vous aimez voir des personnages s'en prendre plein la gueule et se dégrader peu à peu sous le poids de leurs péchés, jusqu'à se transformer en infâme raclures, vous êtes à la bonne adresse.
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Mayans MC semble avoir eu une conception un peu compliquée, puisque l'un de ses créateurs, Kurt Sutter s'est fait virer de la série à mi-parcours, laissant Elgin James seul maître à bord. Forcément, ça ne m'inspirait pas terriblement confiance, car la dernière fois que j'ai vu une embrouille de ce genre, c'était sur American God, qui est passé d'excellent à médiocre dès que Bryan Fuller a été mis dehors.
Durant les saisons 1 et 2, Sutter avait fait ce qu'il fait de mieux : des intrigues extrêmement bien imbriquées, dont les multiples pièces s'emboitent gracieusement pour provoquer une tension insoutenable et des scènes de suspense à couper à la machette. Et c'était sympa à regarder, mais il y avait un GROS problème d'empathie et de caractérisation des personnages dont je n'avais pas grand-chose à secouer.
Contre toutes attentes, Mayans MC s'est plutôt épanoui en l'absence de son géniteur. Sutter avait à peine quitté le navire qu'Elgin a changé de cap et commencé à développer ses personnages pour en faire des êtres humains complexes et intéressants, que l'on a enfin envie de suivre. Et ça ne s'est pas fait au détriment de la tension et du suspense, car la saison 3 reste aussi haletante, et parfois suffocante, mais semble enfin faire arriver la série à maturité, plutôt qu'être un plaisir régressif pour machos. On a même droit à des personnages féminins intéressants, c'est pour dire si on revient de loin.
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Mayans MC a su s'arrêter avant de manquer de souffle, et ses 5 saisons sont un bon chiffre pour ce que la série avait à dire. Il y a bien eu quelques égarements, avec une saison 4 un peu décousue, des personnages dispersés aux quatre vents dont on aurait dû se débarrasser plutôt que faire de l'acharnement thérapeutique. Je pense par exemple aux aventures champêtres de Galindo qui n'apportent rien à l'intrigue générale ni au développement du personnage et dont on aurait pu tranquillement se passer.
Mais dans l'ensemble, on a quelques beaux arcs de personnages, des intrigues intéressantes et un rythme soutenu. Ce n'est pas la série de la décennie, ni quelque chose que je recommanderais à qui que ce soit d'autre qu'un fan de Sons of Anarchy, à la recherche de sa dose, mais j'ai passé de bons moments devant ce spin-off. Il met un peu de temps à décoller, mais finit par trouver sa propre identité pour sortir de l'ombre de son ainé.