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Que pourrait bien ajouter David Fincher au thriller, genre dont il a déjà signé deux des plus grandes références (Seven et Zodiac)? Eh bien manifestement plein de choses.
Librement adaptée de l'ouvrage Mind Hunter : Inside the FBI's Elite Serial Crime Unit (narrant la création d'une nouvelle forme de profilage criminel), la nouvelle série encadrée par Fincher prend une direction différente mais néanmoins complémentaire à ses précédentes incursions au pays des serial-killers.
Il ne s'agit pas ici d'une plongée au cœur de l'horreur. Ce n'est pas non plus la chronique d'un tueur insaisissable ayant laissé une génération entière sur les rotules (même si Charles Manson est évoqué plusieurs fois). Ce qui intéresse ici, c'est le dialogue qui s'instaure entre deux agents du FBI et les tueurs en série les plus violents qui aient sévi dans les années 60-70.
Le but n'est pas d'excuser la folie meurtrière mais de la rationaliser, afin de faciliter l'arrestation de psychopathes. Avec sa précision coutumière, David Fincher n'a pas son pareil pour rendre la moindre séquence dialoguée fascinante.
Les quatre épisodes qu'il met en scène sont un modèle de maitrise et d'harmonie. Il est suivi par les réalisateurs Asif Kapadia, Tobias Lindholm et Andrew Douglas qui relèvent le défi avec brio. Chacun ajoute sa pierre à l'édifice que représente MINDHUNTER, véritable chronique d'une société civilisée qui a bien du mal à accepter la nature animale qui la fonde autant qu'elle la pulvérise.
Les 10 épisodes cultivent le malaise avec intelligence et parfois même avec humour. Et devant la caméra, c'est aussi remarquable. Jonathan Groff et Holt McCallany forment un duo mal-assortis de premier ordre, Anna Torv est splendide. Rayon révélations, Hannah Gross et Cameron Britton (qui campe le tueur Edmund Kemper) sont formidables. Avec MINDHUNTER, Netflix démontre qu'un nouvel angle d'approche et le savoir-faire peuvent hisser une série au sommet d'un genre pourtant déjà bien fréquenté.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 29 juil. 2019
Critique lue 260 fois
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