Fincher chez Netflix, c’est un argument de poids pour la plateforme, notamment pour cette série policière criminelle qui fait la part belle à la psychologie des tueurs, et pas qu’eux. À la fois œuvre de fiction, mais également basée sur des faits réels, la série suit le lancement d’une section d’étude des psychés de criminels, par des agents du FBI, à la fin des années 70. Un jeune agent, ancien négociateur, découvre tout un champ inexploité pour mieux cerner et, à terme, anticiper les meurtres, notamment, du fait d’une évolution moins pragmatique des motivations des dits-perpétrateurs. C’est alors le début du profilage criminel.


Régulièrement raillé, à une époque où on préférait simplement tirer sur les voyous plutôt que de les comprendre, l’impétueux agent Holden en devient vite émoustillé et obsédé par l’étendue des cas d’étude à sa disposition, pour la plupart de célèbres figures comme Manson, Kemper, Berkowitz, et bien d’autres. La voix de la raison vient de son binôme, Bill, un agent plus expérimenté et curieux, devant régulièrement recadrer son cadet. L’écriture du duo est géniale, bénéficiant de dialogues toujours justes et cadrant parfaitement avec les personnages. En ce sens, les séquences d’interviews des différents tueurs sont un régale de maniement du phrasé et des termes, intégrées à une mise en scène captivante. Si l’on reconnaît la patte froide et procédurière de Fincher sur les premiers épisodes, il n’est ensuite que superviseur. La série conserve cette rigueur initiale mais dévoile rapidement un ton plus décomplexé qui permet d’éviter l’académisme, en partie du fait du montage et de la bande-sonore Rock d’époque. On apprécie également l’absence d’emphase sur le contexte rétro ; le tout paraît presque contemporain.


Une des thématiques majeures réside dans l’ambiguïté morale d’Holden ; tout comportement est-il justifiable au nom de la sécurité publique, quand bien même cela concerne des coupables et parias de la société. En effet, ses méthodes sont parfois transgressives et il trébuche souvent sur les limites de l’intégrité. Jouissant d’une excellente gestion de sa tension et de ses acheminements scénaristique, la série captive alors davantage par la caractérisation de ses personnages et leurs intéractions que le fond de son histoire, plutôt sommaire en l’état. Les deux saisons se suivent sans disparités, avec une deuxième salve de neuf épisodes qui s’oriente sur une trame plus globale. Notre équipe de profilers traque alors un serial killer qui sévit à Atlanta ; une affaire qui met alors en exergue le contexte socio-racial de l’époque. Malgré un excellent dernier épisode, il s’avère un peu timide pour faire office de fin de saison, et encore plus pour clore la série puisqu’elle fut ensuite annulée. Certains persos restent alors en suspens, à l’instar de cette ultime séquence continuant une sous-intrigue en filigrane de toutes les ouvertures d’épisodes, sans qu’aucun éclaircissement, ni connexion avec la trame générale n’aient été apportés.


AntoineRA
8
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il y a 7 jours

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