MobLand
7.5
MobLand

Série Paramount+ (2025)

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Je ne regarde presque plus de séries. Je n’en regarde presque plus parce que j’ai souvent l’impression de perdre mon temps. Non pas parce que je trouve ça nul, mais entre les séries dans lesquelles tu te lances et qui sont annulées au bout de parfois une saison, et celles qu’ils étirent artificiellement car elles fonctionnent à bloc, quitte à ce que ça devienne de moins en moins bien, ça fait beaucoup d’heures perdues pour au final ne pas avoir de dénouement convenable, parce qu’il n’existe pas de fin dans le premier cas, parce que tu abandonnes en cours de route dans l’autre. Et puis je me dis aussi que si je me lance dans cette série de 3 saisons de 10 épisodes de 50min chacune, punaise mais le nombre de film que j’aurais pu voir si je n’avais passé tout ce temps dessus. Parce qu’un film propose en 2h de temps un début, une construction, une fin, la boucle est bouclée, ce qui n’est pas toujours le cas avec les séries. Mais de temps en temps, je replonge, lorsque quelque chose titille vraiment ma curiosité, ou parce que tout le monde me dit que « Regarde cette série, tu vas voir c’est génial ! », et c’est ainsi que j’ai avalé la saison 1 de Mobland. Enfin, aussi et surtout car ça ressemblait à du Guy Ritchie, ici producteur et réalisateur des deux premiers épisodes, et que j’adore ces films de gangsters.


Au départ, Mobland est imaginé comme un spin off de la série Ray Donovan diffusé sur Showtime, un spin off intitulé The Donovans. Puis au fur et à mesure que la production avance, la série est remaniée en quelque chose d’autonome, le titre change et finira par s’appeler Mobland pour une diffusion finalement sur Paramount+. La série reçoit des critiques très élogieuses, aussi bien par la presse spécialisée que par le public, et se pavane sur IMDB avec une moyenne de 8.4/10 sur plus de 46000 votes. Sur Allocine, la moyenne spectateurs est de 4.2/5. Certes, ce ne sont que des indicateurs qui valent ce qu’ils valent, mais ça donne malgré tout un ordre d’idée. On peut affirmer que le duo Ronan Bennett, créateur et scénariste de la série, et Guy Ritchie, qu’on ne présente plus, fonctionne à merveille. Ritchie semble vouloir revenir aux origines, à ce qui l’a fait connaitre et qui a fait sa renommée, les histories de gangsters, et on comprend en le voyant au poste de réalisateur sur les deux premiers épisodes qu’il s’est réellement investi dans cette histoire qui, même si elle ne révolutionne strictement rien dans le genre « gangsters », est extrêmement savoureuse. Les deux premiers épisodes nous présentent Harry de Souza, l’homme à régler les problèmes de la riche famille criminelle Harrigan. Il leur est fidèle depuis de nombreuses années, même si cela nuit à sa vie de famille, se chargeant des sales besognes et réglant les problèmes afin d’éviter une guerre des gangs qui pourrait éclater n’importe quand. Mais lorsque le petit fils branleur du ponte Conrad Harrigan commet l’irréparable un soir de beuverie dans une boite de nuit, la vie du clan Hannigan va s’en retrouver tout chamboulée et la guerre avec le clan Stevenson menace d’éclater à tout moment. Rien de bien original là-dedans comme on peut le constater, d’autant plus que, sur plusieurs aspects, Mobland se rapproche de la dernière série de Guy Ritchie, The Gentlemen, en bien plus sombre tout en n’étant pas dénué d’humour british. Mais pourtant, Mobland est une série très réjouissante car extrêmement bien mise en boite.


Déjà, le casting est tout bonnement excellent. On l’aime ou on ne l’aime pas, mais Tom Hardy campe à la perfection ce personnage monolithique, peu bavard, tout le temps dans l’observation, l’analyse et l’action. Son charisme colle parfaitement au personnage, certes, mais aussi à l’ambiance et à l’univers de la série. Bien qu’il ait un sens moral bien à lui, on s’attache très rapidement à ce personnage à l’apparence bourrue mais qui ne se laisse jamais avoir. Pierce Brosnan et Helen Mirren sont tout aussi excellent à la tête de cet empire mafieux, incarnant deux personnages mauvais mais chacun dans leur style, deux personnages qu’ils semblent prendre un énorme plaisir à interpréter. De manière générale, ce sont les tous les personnages, nombreux, qui apportent leur pierre à l’édifice à cette histoire qui ne s’intéresse pas à l’ascension d’une famille au sommet du crime, puisqu’elle l’est déjà, mais à ceux qui gravitent autour, dont le fameux fixeur interprété par Hardy. La série se fait tour à tour légère, dans certains échanges vraiment funs, et pleine de tension, comme lorsque le personnage de Harry négocie avec l’ennemi. Là où Bennett et Ritchie font fort, c’est qu’à aucun moment, tout au long des 10 épisodes, la série perde en intérêt. La continuité est parfaite, les différents enjeux se construisent en s’imbriquent parfaitement et rien n’est laissé au hasard à l’exception peut-être de l’arc narratif avec le premier ministre britannique qui laisse un peu dubitatif. L’atmosphère qui se dégage de Mobland est captivante, tout comme son scénario très bien construit qui tient en haleine grâce à quelques rebondissements bien amenés. Si on rajoute à cela de très bonnes valeurs de production, une bien belle photographie magnifiant ces coins de Londres qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir, et une bande originale (dont le thème du générique d’intro a été composé par le chanteur de Muse, Matthew Bellamy) et vous obtenez une série souvent jubilatoire.


Mobland propose une plongée des plus excellentes au sein d’une famille mafieuse de Londres. Une série proche de ce que proposait Guy Ritchie, ici producteur exécutif et réalisateur des deux premiers épisodes, à ses débuts pour un résultat souvent jouissif.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/serie-mobland-de-ronan-bennett-saison-1-2025/

cherycok
8
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le 29 juin 2025

Critique lue 199 fois

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