• SAISON 1 (4/10)
[Critique du 10 février 2024]
Être capable de produire une série de kaijus en prises de vue réelles, avec une qualité cinématographique, c'est grisant pour le monde de la télévision, mais moins étonnant de la part d'Apple TV+ qui s'est déjà illustré avec un show intergalactique comme Foundation. Et, en effet, la mise en scène des différentes créatures est impressionnante, en particulier les séquences qui voient apparaître le Roi des Monstres. Les derniers épisodes ont plus tendance à tourner au show The CW toutefois. Pareillement, il ne faut pas s'emballer devant la promesse d'une série sur Godzilla puisque le scénario ne laisse que quelques minutes d'écran à ces Titans pour s'axer surtout sur l'organisation Monarch, qui traque et trace leur activité.
La série se partage en deux chronologies : une sur Bill Randa jeune, avant son expédition sur l'île du Crâne (Kong: Skull Island), et une autre après l'apparition de Godzilla à San Francisco, dans le film de Gareth Edwards. On suit alors la génération des grands-parents et petits-enfants ; d'où le casting assez amusant de Kurt Russell et Wyatt Russell pour jouer la même personne à deux époques. Le récit contemporain, circa 2015, invente un drame familial autour d'un chercheur de Monarch disparu. Ses enfants se lancent sur sa piste et découvrent toutes les ramifications de cette organisation et des secrets qu'elle cache à la population terrestre. Ça tourne pas mal au récit d'aventures avec des indices éparpillés autour du globe, et c'est grévé de thèmes woke via un casting pluriethnique, des familles dysfonctionnelles et des relations homosexuelles. Ces jeunes personnages n'intéressent pas outre mesure et leurs connexions à Monarch sont vraiment surfaites. En revanche, le trio de protagonistes du passé, découvrant les Titans, est bien plus intéressant et participe à des évènements captivants, dont cette percée dans la Hollow Earth.
On se rend compte, tout de même, qu'il manque un peu de cohérence dans ce MonsterVerse de Legendary Pictures, puisque des concepts découverts récemment dans les films sont déjà parcourus dans les années 50, dans la temporalité de la série. L'écriture s'impose, de ce fait, des contraintes en se plaçant entre des sorties cinématographiques et en voulant en réutiliser des personnages ; elle est donc obligée d'inventer des intrigues mineures pour ne pas créer trop de confusion, et se complaît en remplissage inintéressant qui aurait pu permettre d'écourter de 3 ou 4 épisodes. Dans l'absolu, surtout, la série ne fait pas avancer l'univers et offre peu de spectacle de monstre.
• SAISON 2 (4,5/10)
[Critique du 28 mai 2026]
Monarch se poursuit avec l’entrée en scène de Kong au sein de la série. Néanmoins, les espoirs devraient vite être réfrénés puisqu’il n’apparaît que dans le premier épisode et brièvement sur la fin. Il en va de même pour les spectateurs qui s’attendent à voir Godzilla, qui n’aura que quelques minutes de présence vers les épisodes 8 et 9. Pour l’intrigue de cette saison 2, les enfants des scientifiques doivent empêcher un nouveau titan de détruire la ville, au milieu d’histoires familiales avec guère de rapport. On déplore l’amoncellement de facilités scénaristiques, avec ces organisations assoiffées de pouvoir qui prennent des décisions illogiques, et aucune réaction sensée de la part des personnages. En résulte des scènes plates, où l’émotion ne fonctionne jamais. C’est bien mal écrit, en plus d’avoir une chronologie disjointe. La mise en scène est banale et se repose essentiellement sur des plans de bateau, hélicoptère ou salle de contrôle. Effectivement, parvenir à intégrer ces légendes du cinéma de kaiju en une série est une prouesse, mais l’intérêt en pâtit vite en dehors du père et du fils Russel. On n’en peut plus des flashbacks mystérieux du passé pour compenser et sauver l’écriture laborieuse du présent. On sent bien que la série ne sait absolument pas quoi faire pour exister dans cet univers.