Cet anime de 2007 n’a aucun lien avec le film de Miyazaki ; c’est un spin-off d’une anthologie d’horreur, reprenant le personnage d’un apothicaire capable de déjouer les esprits malfaisants. On trouve Chiaki J. Konaka à l’écriture de cette série semblable à Mushishi (des paires ou trios d’épisodes forment des histoires indépendantes), mais plus exubérante de par ses visuels surprenants et avant-gardistes. L’animation est effectivement singulière, s’apparentant à du dessin sur papier texturé, froissé. On peut assimiler ce style aux traditions japonaises, et y voir du kabuki (théâtre épique) exprimé à travers des estampes ukiyo-e. Ainsi, ce sont de véritables fresques peinturlurées qui se déroulent, via un trait et des couleurs crayonnées principalement plates. De temps à autres, des effets de perspective et nuances propulsent l’action en des séquences psychédéliques difformes, rappelant Imaishi et Yuasa, ou plus fantasques dans les pas de Giraud. Narrativement, les intrigues ont trait à des meurtres complexes à élucider, au détour de révélations d’horreur psychologique. Le deuxième chapitre se montre remarquable, et l’ultime épisode magistral, notamment grâce à la présence musicale de Yasuharu Takanashi qui accompagne ces délires visuels et trames torturées par des partitions opératiques tragiques, jonglant entre l’orchestral et le choral funèbre. Mononoke se révèle alors sacrément mémorable à travers ses visions cauchemardesques et ses couleurs singulières suscitant une angoisse surréaliste.