L’OAV sorti un peu plus tôt dans l’année nous avait prouvé que le studio n’avait pas perdu de son talent pour mettre en image le manga de Yuki Urushibara, et ce malgré les huit années écoulées depuis l’interruption de l’anime. L’œuvre papier étant définitivement terminée, cette deuxième saison va donc permettre d’adapter tous les chapitres restants. Ginko poursuit ses aventures avec l’invisible, évoluant toujours dans des allégories sociales. Cette deuxième saison amène une variété nouvelle et appréciable dans les environnements (forêt, plage, neige), dont l’illustration apaise instantanément. Il y a de la douceur dans les traits, une finesse adoptée déjà découverte dans l’OAV, et un équilibre serein des couleurs. Et pourtant, les 20 épisodes proposés se montrent bien plus sombres et tordus (le body horror répugnant de l’ep 19) qu’en 2005. Si les éléments climatiques et la nature semblent constituer le cœur des intrigues, on note également une thématique récurrente liée à l’écoulement du temps et la mémoire. Cela conduit à des finales empreints d’un lyrisme tragique.
Néanmoins, on peut éprouver une lassitude mesurée face aux déroulements très similaires de chaque épisode, initié par une situation invraisemblable, puis Ginko - ce protagoniste qu’on ne connaît pas mais qui nous entraîne à travers tous ces tableaux - fournit les explications sur le mushi responsable et aide à résoudre la situation. Au bout de 46 épisodes (et 2 OAVs), cette redondance et cette homogénéité peuvent rendre l’anime moins impactant. Avec quelques chapitres en moins, ou transformés, Mushishi aurait pu être un chef d'œuvre, de ceux qui savent exister par leur ambiance, et porter le spectateur sans qu’il juge nécessaire de tout comprendre pour adhérer à cet univers singulier.