Un drame épique et intense : amour, passion, orgueil, jalousie , complots, trahisons, reniements politiques, violences, sévices, drames familaiux et sociétaux et alii, tout cela sur fond de guerre au XVIIe siècle dans le royaume de Joseon tous les ingrédients sont présents pour une série haletante...
Je dois avouer qu'après le 1ere épisode , j'ai cru assister à une version coréenne de " Autant en emporte le vent" . Pourtant, même si le scénario s'inspire pour une part du roman de Margarett Mitchell en ce qui concerne les événements, , je trouve que cela n'est pas aussi évident ...Dans le personnage féminin j'ai , pour ma part, plus retrouvé le caractère de l'héroine d'"Orgueil et Préjugés" de Jane Austen que celui de Scarlett O'Hara . Idem, d'ailleurs , en ce qui concerne le personnage masculin , bien que dans le cas du roman il s'agisse d'un noble fortuné , mais l'un et l'autre aident en toute discrétion l'héroine et savent faire preuve de respect quant à ses sentiments . D'ailleurs, je trouve que dans la série , la personnalité du héros masculin , me donne le sentiment d'être particulièrement positive , alors que dans mon souvenir Rhett Butler ( mais peut-être parce que l'acteur est Clark Gable ) semble particulièrement macho . Namkoong Nim donne à son personnage une grande humanité et profondeur sans pour autant masquer son côté insolent et libertin.
Par contre , très Intrigant est le personnage du chanteur : il a , pour celui qui l'a sauvé enfant , un amour possessif pathologique qui le conduit en fait à nuire et faire souffrir par ses interventions intempestives et maladroites celui qu'il aime tout cela à cause de sa jalousie et de sa crainte d'être délaissé . Quant au serviteur il ne vaut pas mieux , bête et stupide , il ne comprend rien aux sentiments de son maître et devient lui aussi un nuisible reprochant aux autres les conséquences de ses actes . Avec des amis pareils pas besoin d'ennemis, ils font tout le job , avec , en prime, la meilleure bonne conscience " je fais cela pour protéger mon ami,/mon maître " !!
Par contre , j'avoue que l'épisode 21 m'a laissée totalement dubitative car il est assez incompréhensible en terme de temporalité "des années" ...mais bon , Gil Chae et Jang Hyeon sont réunis et tout est bien qui finit bien..
Par delà le contexte historique et la relation amoureuse entre les deux principaux personnages, smerveilleusement bien incarnée par les deux acteurs qui crèvent l'écran, cette histoire nous rappelle :
- que les femmes sont toujours les victimes collatérales de ces guerres : elles sont violées , maltraitées, humiliées et lorsque , par miracle, peuvent rentrer chez elle, mises au ban de la société ! Une constante qui se décline du XVIIe au XXIe siécle , il suffit de lire les témoignages des femmes ukrainiennes, sans parler de ce qu'ont subi les victimes du 7 octobre 2023 ( la photo de la jeune femme vue de dos , le pantalon ensanglanté et le tendon d'achille coupé , trainée par 3 ou 4 hommes vers une voiture m'est revenue en mémoire lors de certaines séquences )
- que le sort des prisonniers de guerre est souvent incertain et qu'ils n'arrivent pas toujours à retrouver leur place dans la société, dans leur famille que ce soit à cause du regard des autres ou de leur propres traumatismes . Par ailleurs ils sont souvent une "variable " dans les discussions entre états ( cf ce qui se passe entre la russie et l'ukraine et je n'aborde même pas le sujet controversé du Hamas et Israël )
- le rôle et la place souvent ambigüe des intellectuels et leurs certitudes absolues , leur dogmatisme qui les conduisent sous des prétextes "vertueux" à jusitifier l'injustifiable ( lire et relire Samuel Fitoussi " les intellectuels se trompenrt" ) , ....la trahison des clercs ...mais aussi les dégâts que peuvent causer l'absolutisme d'un roi (ou chef d'état ) aux facultés intellectuelles diminuées