8
le 21 sept. 2015
SuivrePlata o plomo
Le pilote était très fort. Il y avait du Scorsese là-dessous, tant dans les procédés de narration que dans les sujets énoncés. On était alors pris d'un dilemme : la saison pourrait-elle continuer...
Les deux premières saisons de Narcos ont marqué un tournant dans ma consommation de séries. Découvrir l’ascension et la chute du baron de la drogue Pablo Escobar m’a captivé à un point que je ne pouvais pas imaginer. J’ai vu ces saisons à une époque où, en tant qu'étudiant bercé par de trop nombreuses effluves de Critical 2.0, je fantasmais naïvement sur ce que pouvait être la vie d’un baron de la drogue. Ces années-là, où l’adrénaline d’une vie hors-la-loi semblait attirante, Narcos avait ce pouvoir de nourrir ces pensées rebelles, tout en les confrontant brutalement à la réalité violente du cartel de Medellín.
La série brille par son authenticité. Le choix de mélanger des images d’archives à la reconstitution dramatique donne une dimension presque documentaire, ancrant l’histoire dans un réalisme frappant. Wagner Moura, dans le rôle de Pablo Escobar, livre une performance exceptionnelle. Il incarne ce personnage complexe avec une humanité troublante, passant de moments de tendresse familiale à des accès de violence glaçants. La tension ne retombe jamais, et chaque épisode se termine en laissant le spectateur sur le fil du rasoir, avide de voir ce qui va suivre.
Narcos réussit également à capturer la dynamique du jeu du chat et de la souris entre Escobar et les agents de la DEA. Boyd Holbrook et Pedro Pascal apportent une dimension supplémentaire à la série en incarnant les agents Murphy et Peña, qui luttent contre un ennemi aussi insaisissable que charismatique. La narration en voix off de Murphy ajoute un regard cynique et désabusé sur cette guerre sans fin, ce qui plonge le spectateur encore plus profondément dans le contexte de l’époque.
Le point fort de la série réside sans doute dans sa capacité à montrer l’impact du trafic de drogue non seulement sur les protagonistes principaux, mais aussi sur toute une nation. La corruption omniprésente, la peur palpable dans les rues de Medellín, et la façon dont le cartel infiltre chaque aspect de la société sont autant de points qui rendent Narcos haletante et terriblement efficace.
Malgré toutes ses qualités, je n’ai pas ressenti le besoin de regarder la troisième saison après la mort d’Escobar. L’âme de la série semblait avoir disparu avec lui. L’absence de ce personnage central, qui portait l’essentiel de la tension dramatique, m’a fait perdre l’intérêt pour la suite. Pour moi, la série avait rempli son contrat avec brio en bouclant l’histoire d’Escobar, et je n’ai pas cherché à aller plus loin.
En somme, Narcos mérite amplement un 8/10. C’est une série qui sait captiver, surprendre, et parfois même déranger. Bien réalisée, avec une direction artistique impeccable et un scénario qui ne laisse aucun répit, elle restera pour moi un classique des années où je rêvais, naïvement, d’une vie plus intense et sans limite.
Il existe de trop nombreuses photos de moi déguisé en Pablo Escobar. Ce fût mon déguisement attitré pendant plusieurs années. Voilà, il fallait que je donne cette info.
Créée
le 31 août 2024
Critique lue 8 fois
8
le 21 sept. 2015
SuivreLe pilote était très fort. Il y avait du Scorsese là-dessous, tant dans les procédés de narration que dans les sujets énoncés. On était alors pris d'un dilemme : la saison pourrait-elle continuer...
7
le 1 sept. 2015
SuivreNarcos aura au moins eu ce privilège : faire une quasi unanimité sur son pilot pour ensuite séparer les positions. Le projet une nouvelle fois ambitieux de Netflix avait tout pour plaire : du trafic...
8
le 31 août 2015
SuivreDès le premier épisode on se mange une petite baffe : Est-ce qu'on regarde une série moderne, un biopic à l'ancienne ou un descendant spirituel de Cocaine Cowboys ? C'est la magie de la narration de...
9
le 31 août 2024
SuivreQuelle œuvre particulière que le Silmarillion, composée grâce aux divers écrits du Professeur Tolkien et au travail acharné de son fils.Bon, déjà il faut s'armer solidement avant de s'attaquer au...
10
le 31 août 2024
SuivrePutain quel pied ! Comment ne pas avoir envie de foutre une gifle à son patron et brûler la mairie du village après avoir écouter ça. Même si vous ne parlez pas espagnol le propos est pas trop...
10
le 31 août 2024
Suivre"Chien de la casse" est un film qui m'a profondément touché, probablement parce qu'il se déroule dans une petite bourgade du sud semblable à celle dans laquelle j'ai grandi et où je vis toujours. Ce...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème