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Cette mini-série en trois épisodes s'ouvre sur une scène assez gênante. Quand le réalisateur lui demande la meilleure façon de commencer, Neymar répond "par tous les journaux, tous les messages de gens qui disent que je suis un monstre". D'emblée le décor est planté et l'objectif clair : montrer à quel point Neymar est normal, et combien l'attention médiatique et populaire autour de lui est, elle, monstrueuse.


De ce point de vue, la série fonctionne : oui, Neymar est normal. C'est un type simple, très simple même. Une sorte de pré-adulte immature qui n'aime rien tant que traîner à la maison avec ses potes et jouer aux jeux vidéo. Les soirées en clubs, le poker, dont on le sait friand, sont toutefois oubliés, sans doute par volonté de ne pas ternir son image, alors qu'elles collent finalement assez bien avec le reste de sa personnalité, naïve et adolescente.


Soyons clair : le spectateur un tant soit peu suiveur de l'actualité footballistique ou le supporter régulier du PSG (dont je fais partie, que le Seigneur me pardonne) n'apprendra rien sur le joueur ni sur son histoire. Tout l'intérêt de ce documentaire réside dans la description de la relation du joueur avec son père, Neymar Senior. On voit celui-ci obsédé par la gestion financière de la carrière et par le monnayage de l'image de son fils, qui aura ces mots terribles : "entre mon père et moi, c'est surtout une relation professionnelle". Plus tard, le joueur est filmé dans une tentative pathétique et vaine de tuer le père au milieu du salon, entouré de ses amis hagards.


Il est clair, dès lors, que si le monstre s'appelle bien Neymar, ce n'est pas Junior mais Senior. Le dernier, d'ailleurs, est autant présent à l'écran que le premier ; mais quand Junior est affalé sur son canapé, Senior se tient derrière son bureau, lunettes autour du cou. Terrible métaphore du football d'aujourd'hui, où les joueurs ne sont plus que les pantins d'ogres avides qui ne voient que les chiffres derrière le jeu. À ce titre, la relation entre Neymar père et fils tient malheureusement plus du mythe de Cronos que d'Œdipe.

Orazy
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le 29 janv. 2022

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