Normal People, mon cul. La série représente surtout l’incapacité des auteurs à représenter une quelconque forme de normalité dans leurs récits.
Certes, la série est magnifique quand elle représente le sexe et l’amour entre les deux héros. Entre la douceur des regards et la tendresse des caresses, les murmures amoureux qui sont autant de demandes, c’est un beau récit anti hollywoodien où le détail le plus excitant est le consentement.
Belle aussi quand elle montre les impacts du déterminisme social sur le couple, et les désastres des différences de classe sur le déploiement amoureux.
Mais revenons à la normalité. Est-ce qu’on peut trouver “normal”, le fait que Connell, sportif sensible et taciturne soit aussi présenté comme l’écrivain irlandais le plus talentueux de sa génération ?
“Normale” aussi, Marianne, riche jeune fille mal dans sa peau qui ne peut éviter de devenir major de promo de se Sciences Po ?
Sans rejeter l’excellence, on peut se demander si la “normalité” ne réside pas dans des personnages un peu moins représentés par leur excellence.
Et du côté de l’histoire d’amour, difficile aussi de trouver “normal”, cette boucle d’itération, cette gestion égocentrée du couple constituée de quiproquos, de non dits ridicules et de rencontres où tout autre personnage qui rentre dans le champ de gravitation des héros est soit une source d’oppression soit une quantité négligeable.
Les héros ont beau être d’une beauté remarquable et interprétés avec justesse et sincérité, les personnages, eux, peinent à exister. Dommage, ce serait chouette de voir un peu d’amour “normal” de temps en temps.