Il y a en des séries assez peu connues, elles sont pleines de qualités mais elle passent sous les radars.
Et puis... il y a celles qui sont poussées (y compris artificiellement) par un service public (la BBC dans notre cas) un entre-soi, un microcosme qui va trouver toutes les qualités du monde à une œuvre simplement par ce qu'elle émane de l'un des siens.
Dans le cas de Normal People, j'ai un peu de mal à comprendre car cela va au-delà : comment une série aussi médiocre, pleurnicharde, élitiste (les "Normal People" font ou feront parti des élites) extrêmement lente et incohérente a pu être aussi bien notée/référencée y compris en France.
La série a bien peu de qualités, on peut toutefois mentionner :
1- Les deux acteurs principaux
Les deux rôles phares sont très justes dans leur interprétation et surtout paraissent compatibles ; l'alchimie fonctionne entre les deux acteurs qui ne surjouent pas une attirance mutuelle. De ce point de vue, force est d'admettre que le casting est réussi : la romance entre ces deux là fonctionne.
Parfois même, en visionnant les épisodes, on pourrait se demander si on ne les dérangerait pas (les scènes mêlant nudité/sensualité/sexualité sont légions et assez longues).
2- L'OST
La série bénéficie sur la première moitié d'une excellente OST très adaptée au contexte. J'ai régulièrement dégainé mon portable pour retrouver le titre exact du morceau choisi (notamment pour les ending). A titre d'illustration, on peut citer un morceau d'Elliot Smith : https://www.youtube.com/watch?v=FMSU4QDbdew&list=RDFMSU4QDbdew&start_radio=1
Et également ce titre de Hope Sandoval - Drop : https://www.youtube.com/watch?v=SHKSVT3GJ_I&list=RDSHKSVT3GJ_I&start_radio=1
En dehors de ces deux points c'est... Une purge.
Le récit est d'une lenteur affligeante et décrit des protagonistes pleurnichards et finalement assez détestables.
Le tout est servi avec une quantité rarement égalée (pour une série) de nudité laquelle parait être totalement gratuite ; il est ainsi possible de contempler les parties génitales au complet de l'acteur principal à plusieurs reprises (de mémoire les deux premières fois c'est les épisodes +/- 4/5/6 et ensuite c'est le 11ème ou le 12ème épisode). Ce naturalisme est-il déplaisant ? Fait-il tâche ? Pas vraiment.
Sert-il pour autant le récit d'une manière ou d'une autre ? Aucunement, c'est du nu pour faire du nu ; d'une certaine manière ça comble le vide.
On pourrait se dire pourquoi pas si les acteurs étaient bons et le scénario à la hauteur ; malheureusement si les acteurs m'ont paru convaincants, l'histoire et les dialogues oscillent entre le très moyen, le mauvais, voire le malaisant.
Ces quatre passages issus de l'épisode 11, illustrent bien les limites des dialogues et de l'intrigue en général :
Ep. 11 - 5'37 [elle]: "où est-ce que tu avais disparu hier soir ?" [Lui] "je sais plus (...)" [Elle] "t'as fini par l'embrasser la fille ?" [Lui] "Non"
Ep. 11 - 9'00 [Elle] : "Connell quand on dansait tous les deux hier soir..." [lui] "Vas-y dit moi" [elle] "j'ai fait un truc qui t'a énervé (...) bah quand t'es parti et que tu m'as laissée toute seule, j'ai pas vraiment compris, j'ai cru que j'avais fait quelque chose qui t'avais saoulé" [Lui] "non désolé, pas du tout. Heu... tu sais je crois que tous les deux ce serait plus facile d'être amis, si les choses avaient été différentes". [elle] "quoi ? comment ça? " [lui] "Je sais pas trop exactement (....)"
Ep. 11 - 10'47 [Elle] "j'avais vachement envie que tu m'embrasses hier soir" [lui] "moi aussi j'avais envie de t'embrasser...On a du mal se comprendre" [Elle] "c'est pas grave".
Ep. 11 - 14'30 contexte préliminaire [Elle] "C'est jamais aussi fort avec les autres" - contexte relation sexuelle en cours - 16'50 [Elle] "Frappe moi" [lui] "(...) heu......"
Si vous avez lu la partie "spoiler" ci-dessus, vous avez probablement maintenant une idée assez précise d'à quel point la série peut être malaisante.
A ce défaut s'ajoute une lenteur extrême, les douze épisodes que compte la série auraient en effet pu être résumés en 4 ou 5 épisodes ; de ce point de vue "Normal People" est une sorte d'anti "Bref" : ou comment rallonger artificiellement une histoire finalement très simple sur 12 très longs épisodes.
Conclusion : une série pleurnichardo-élististe à peine sauvée par un duo d'acteur bien casté et une OST convaincante sur les premiers épisodes.