Painkiller
6.8
Painkiller

Série Netflix (2023)

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des méchants capitalistes sur un petit morceau de carton

On a le temps, quand on est cinéphile, de regarder deux versions d’une même histoire. Et à Hollywood comme au Pays du CNC, il y a souvent des projets qui bourgeonnent en même temps. Armageddon et Deep Impact (1998), Les deux Guerres des Boutons (2011), et maintenant deux séries concurrentes sur la crise des opioïdes : Dopesick (2021) et Painkiller (2023). Si Disney et Netflix s’affrontent sur ce même thème, c’est que la plaisanterie a fait 700 000 morts en un quart de siècle au Pays de la Libre Entreprise Pharmaceutique. LE Sujet par excellence.


Puisque c’est basé sur une histoire vraie, on reprend les mêmes éléments : Richard Sackler, cette fois-ci très bien interprété par Matthew Broderick ; un malade, notre chouchou Taylor Kitsch ; deux commerciales de l’entreprise pharmaceutique ; la Justice, cette fois-ci incarnée cette fois-ci par une femme, Uzo Aduba, la « Crazy Eyes » de Orange is the New Black.


Il a fallu le générique du pilote pour comprendre qu’on avait Peter Berg aux commandes. On a connu Monsieur Friday Night Lights plus subtil. Là, on était plutôt chez Michael Bay, avec ce montage nerveux à visée comique façon No Pain No Gain, avec des spectateurs eux-mêmes sous OxyContin. Une démonstration pour école de cinéma, quand le style fait tout : d’un côté la comédie speedée et grinçante, de l’autre le drama sentencieux.


Toutefois, c’est le film de gauche que les Américains ne savent pas faire. Parce qu’on ne peut pas dessiner comme ça des méchants capitalistes sur un petit morceau de carton. Qu’est-ce qui motive Richard Sackler ? Croit-il vraiment sauver le monde de la Douleur ? Ou est-ce un salopard seulement obsédé par le fric ? Et dans ce cas, pourquoi ? Les deux séries tentent des pistes (le fils mal aimé, l’oncle mentor…) mais n’arrivent jamais à convaincre tant elles ne creusent pas assez leurs hypothèses. Il nous faudrait le Jesse Armstrong de Succession pour y voir clair dans cette famille d’ultrariches dégénérés. Ou David Fincher (The Social Network), J. C. Chandor (Margin Call), Martin Scorsese (Le Loup de Wall Street).


Idem pour les commerciales, la-brave-fille-de-la-campagne et la-connasse-hystérique. Tout ça reste en surface : la surface des clichés On se rappelle pourtant ce que Peter Berg était capable de faire avec ses personnages féminins marqués, de Lyla Garrity à Tyra Collette…


Ces méchants de Painkiller ne fonctionnent pas parce qu’ils ne sont pas humains Des silhouettes obscures du Mal, dont on peut s’amuser mais difficilement haïr.


https://www.cinefast.com/?p=7116

Ludovico
6
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le 1 déc. 2025

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