Je viens de finir la première saison et, honnêtement, malgré pas mal de clichés marseillais, on reste dans le haut du panier des séries policières françaises « à la Netflix » !
Et pourtant, j’étais peu confiant en lançant le premier épisode.
On en a bouffé pas mal, des films français de cité avec flics et truands. De Frédéric Schoendoerffer à Cédric Jimenez et son BAC Nord controversé, le genre commençait sérieusement à tourner en rond, souvent prisonnier des mêmes trames narratives.
Avec Olivier Marchal et ses thématiques devenues de véritables obsessions, on est au moins sûr de retrouver un semblant de réalisme quant aux personnalités des truands et des flics.
Et sur ce point, c’est une réussite.
Les acteurs sont globalement tous « à leur place », avec, OUI, un peu trop de « cons de tes morts » toutes les deux phrases… mais là encore, c’est aussi ça la réalité.
Les horizons et vécus différents des membres du groupe les rendent instantanément crédibles dans la peau de flics faillibles, désabusés, flirtant avec l’illégal et bien loin du cliché du policier intègre.
Des personnages ancrés dans un quotidien de violence, à qui l’on reproche paradoxalement d’employer les mêmes méthodes que ceux qu’ils traquent.
Ils parviennent ainsi à déjouer certaines réactions parfois trop prévisibles propres à ce genre de séries.
Olivier Marchal nous propose de zoomer sur ce qu’est la police à Marseille en 2025, en restant sur une ligne fine entre fiction et réalité.
Là où ça devient plus problématique, c’est dans la représentation de Marseille, réduite à une véritable zone de guerre : bâtiments délabrés, insalubres, misère omniprésente… Hormis quelques plans de drone plutôt réussis, les curseurs sont clairement poussés à l’extrême.
La série nous plonge, de manière assez assumée, dans un schéma bien connu : une brigade de policiers composée de flics faillibles au passé trouble, qui fricotent avec les truands pour maintenir un semblant de « paix » dans la cité phocéenne, face à de grandes figures du banditisme, ultra-violentes et perpétuellement en guerre de territoire.
Le rythme est plutôt bien géré, et les rebondissements — tout comme le nombre de morts — sont souvent suffisamment surprenants pour réussir à nous prendre de court.
Alors oui, soyons clairs : on est très loin de la maestria de The Wire.
Mais on tient malgré tout un bon divertissement, avec une tension globalement bien maîtrisée et des acteurs impeccables dans leurs partitions respectives.
Est-ce que c’est cliché ?
Bien sûr.
Mais c’est Marseille, bébé !