Percy, héritier demi-divin, s’élance, flanqué d’un satyre vigilant et d’une guerrière indomptable, vers une série d’aventures proprement rocambolesques, ourlées de périls éclatants.
- Saison 1 - « Je n’aime pas les gosses. Même les miens »
Un retour solennel aux fondements du mythe
Avec Percy Jackson et les Olympiens, la première saison télévisuelle entreprend, sous l’égide vigilante de Rick Riordan, une réhabilitation méthodique de son propre univers littéraire. L’implication de l’auteur, manifeste jusque dans les replis les plus ténus du scénario, confère à l’ensemble une rectitude narrative qui tranche avec les licences parfois aventureuses des anciennes adaptations filmiques. La série s’en tient, avec une fidélité notariale, à la trame du premier tome, ménageant aux spectateurs un retour aux fondamentaux de l’œuvre.
Une transposition sérielle plus ample et plus généreuse
La nature même du format sériel, avec sa dilatation temporelle et sa succession d’épisodes, permet d’ouvrir des espaces que le long-métrage avait inévitablement négligés. Ainsi se trouve enfin restitué le figure tutélaire d’Arès, dont la mise à l’écart dans la version cinématographique relevait presque de la mutilation pure et dure.
Cette ampleur accrue autorise une caractérisation plus nuancée, où chaque protagoniste se déploie avec une lenteur mesurée tout en conservant cette dynamique juvénile qui fait la sève de la saga. L’ensemble demeure, malgré sa patine mythologique, fort convenable à une délectation familiale, sans heurts excessifs ni obscurités superfétatoires.
De certains choix esthétiques et wokistes
On ne saurait cependant passer sous silence une tendance contemporaine propre à la maison qui chapeaute la production. Certains choix de distribution — que d’aucuns jugeront anachroniques, voire ostensiblement dissonants avec l’héritage iconographique gréco-méditerranéen — semblent témoigner d’une volonté volontariste de réélaborer les filiations divines sans toujours se préoccuper de leur cohérence interne. Ce zèle, parfois qualifié de « progressiste » par certains observateurs, frôle ici l’hilarité involontaire, tant il bouscule les lignages familiaux au mépris d’une continuité pourtant essentielle au drame olympien.
Les tenues de la Colonie des Sang-Mêlé, quant à elles, paraîtront à quelques puristes moins abouties que leurs homologues filmées : là où le long-métrage proposait des panoplies plus martiales, hoplitiques même, la série adopte un appareillage plus sobre, dont la pauvreté visuelle relative détonne dans un univers où le costume devrait exacerber l’aspect héroïque.
Une œuvre néanmoins probante
Malgré ces réserves, la saison s’impose comme une réalisation probante, traversée d’une énergie incipiente et d’une fidélité littéraire qui force respect. L’on perçoit, dans son effort de restitution, une volonté constante d’ériger un univers cohérent, parfois au prix d’une certaine solennité, mais toujours avec une rigueur scénaristique qui en nobilite l’architecture dramaturgique.
Bref, cette première saison apparaît comme une épiphanie sérielle, un témoignage d’application et de respect textuel — une œuvre dont la probité narrative, cette qualité rare et presque archaïque, mérite d’être soulignée.