Si Person of Interest était un logiciel, ce serait Windows 3000 version FBI, capable de prédire le crime avant qu’il ne se produise, mais sans bouton "pause" pour éviter que tout parte en vrille.
Le pitch ? Un milliardaire génial mais asocial (Harold Finch) et un ex-agent secret en mode Batman sans la cape (John Reese) forment un duo improbable pour empêcher des crimes avant qu’ils n’arrivent. Leur arme secrète ? Une IA surpuissante, "La Machine", qui balance des numéros mystérieux correspondant soit à une victime, soit à un criminel… mais qui ne précise jamais lequel est lequel (merci, fallait bien un peu de challenge).
Là où Person of Interest brille, c’est dans son mélange parfait entre thriller d’anticipation, espionnage badass et critique des dérives de la surveillance de masse. Les premières saisons jouent la carte du "cas de la semaine", avec Reese qui distribue des mandales en costard sur fond de piano dramatique, mais très vite, l’intrigue prend une ampleur monumentale, avec des conspirations, des intelligences artificielles qui deviennent carrément des entités conscientes et des batailles épiques pour contrôler l’avenir.
Le casting est une masterclass : Michael Emerson en Harold Finch est un génie fragile mais redoutable, Jim Caviezel en Reese est l’incarnation du mec trop calme qui peut te briser la colonne d’un seul coup de pied, et les personnages secondaires (Root, Shaw, Fusco…) gagnent en épaisseur et en charisme au fil des saisons.
Mais voilà, Person of Interest, c’est aussi une série qui met du temps à lâcher son vrai potentiel. Les premières saisons restent un peu trop "procédurales", et il faut attendre que l’histoire principale prenne vraiment son envol pour que la série devienne totalement addictive. Et puis, parfois, l’IA semble jouer à cache-cache avec ses propres règles, rendant certains retournements un peu forcés.
Malgré ça, Person of Interest reste une pépite sous-cotée, qui a su transformer un simple thriller en réflexion magistrale sur la technologie et l’humanité. Un show qui commence comme un simple jeu du chat et de la souris… et qui finit en guerre totale entre dieux numériques.