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Cette activité cérébrale fut le seul résultat du visionnage, ce qui mis donc inévitablement fin au crédit que je pouvais accorder à cet objet culturel.
Que nous soyons à l’aube de l’immersion de l’audiovisuel dans les foyers de nos aïeux dans les années 60, où aujourd’hui à l’âge d’or de la puissance hégémonique de l’écran, la logique est identique : il ne s’agit pas de créer un objet culturel qui enrichit (l’esprit, le coeur), mais qui dérobe (du temps, destiné à mieux), dans le seul et unique but est de conserver les téléspectateurs devant leurs écrans, coûte que coûte.
Pluribus incarne cette immémoriale tradition racoleuse qui a coûté tant de temps de cerveau disponible à des générations et qui est manifestement encore en pleine activité, et utilise pour cela un procédé éprouvé : fabriquer une implacable mécanique de mystère.
En ce qui me concerne, qu’importe l'hypothétique qualité thématique de l’oeuvre, sa présumée complexité, son audacieuse mise en scène : si la clé de voûte de son architecture est le mépris pour son public dont elle n’attend que la consommation assoiffée, conséquence de sa mesquine offre de soumission à une structure rétentionelle, pourquoi lui accorder mon esprit ? Alors que par ailleurs, une pléiade d'artistes, généreusement, m'offrent d'authentiques expériences émotionnelles, sensorielles, voir spirituelles ?
Il est de notoriété universelle que se divertir permet d’assouvir un souhait de s’échapper au monde, et peut être parfois à soi même. Lorsque ce voyage possède une destination, merveilleux. Mais qu’en est-il lorsque ce voyage n’est qu’une errance décérébrée, une fuite en avant dont la seule offre est le stimulus cinétique lui même ?
Vincent Gilligan, le très estimé showrunner de cette série, après les célébrées Better Call Saul et Breaking Bad, ne devrait-il pas officialiser son statut de meilleur geôlier du globe ? Devrions nous peut être interroger notre désir de captivité et commencer à soigner notre syndrome de Stockholm ?
Se faire raconter une histoire, c’est vouloir ressentir des émotions. Se voir proposer des idées auxquelles réfléchir. Si l’art fait bien une chose, c’est, en un mot comme en cent, évoquer la condition humaine. Peut-être que Pluribus incarne parfaitement l’apocalypse spirituelle qu’elle décrit.
Créée
le 11 janv. 2026
Modifiée
le 12 janv. 2026
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