Pluribus
7.5
Pluribus

Série Apple TV+ (2025)

Voir la série

Un vrai cours de philo : l'individualisme vaut-il la misère humaine ?

Ou alors cette série a t'elle enfoncé chaque individu dans une misère inhumaine ??

Oui j'y vais pas par quatre chemins : une série d’une médiocrité atterrante.


Ça commence fort, contrairement aux précédentes réalisations de Vince Gilligan, mais le frein à main est tiré très rapidement. Dès l’épisode 2, on s’enfonce dans une ornière, le moteur est poussif, et on n’en sortira plus de toute la saison.

Après un épisode, le scénario avait l’air prometteur, quoique peu surprenant. L’organisme monocérébral mais omnipotent et ubiquitaire n’est pas original. Il est vite catégorisé comme inoffensif.

Des zombies soja Gen Z, qui remplacent l’humanité en douceur… C’est troublant car non violent, donc on se pose des questions sur ce qu’on ferait, mais le soufflé retombe vite. On a vite droit a Gilligan qui nous tartine une moralisation à l’américaine dégoulinante : "l’humain est le vrai virus", "la ruche a sauvé la planète", "les animaux sont contents". C’est du niveau d’un tweet d’adolescent en mal de sens, étiré sur 9 épisodes alors qu’un film de 2h aurait déjà été trop long.

Pas de conflit manichéen, pas de méchant pour rythmer le scénario, ce n’est pas nouveau non plus, juste une série sociologique et philosophique sur 9 épisodes et plusieurs saisons… Blablabla, pour que la société fonctionne, il faut que la masse soit composée de moutons lobotomisés bien dressés. "Ne possède plus rien et tu seras heureux". Un individu hors de la société peut créer le chaos et tout chambouler... Putain, merci les poncifs de merde vus et revus. Ça va être ça pendant combien de saisons ?!


Et pour te faire passer ce sandwich estouffe à l’américaine, on te sert des personnages féminins insupportables, dont Gilligan a le secret. Chaque scène est un enfer à digérer. Les plans contemplatifs et l’ambiance chaude d’Albuquerque n’aident pas à nous apaiser.


Le plus insupportable, c'est le vide intellectuel de la protagoniste. Carol occupe 80% du temps d'écran (au pifometre) mais ne produit aucune pensée stratégique. C'est une bobo-écolo hypocrite qui prône l'indépendance mais panique dès que le confort du monde moderne s'éteint. On essaie de nous vendre sa stupidité tactique comme de la complexité psychologique, une anti héro torturée, alcoolique, plein de couches pour créer une profondeur artificielle.


Un personnage peut être détestable, mais s'il est au moins brillant ou efficace, le spectateur reste engagé. Ici, on suit une femme qui a les clés du royaume (son immunité) mais qui préfère bouder dans son coin et saboter ses propres chances de survie par pur égocentrisme. Ce n'est pas une étude de la solitude, c'est l'autopsie d'une personnalité toxique qui n'apprend rien, ne comprend rien et finit par lasser même les spectateurs les plus patients. On ne regarde pas une survivante, on regarde une gamine gâtée qui fait un caprice au milieu des ruines.

Gilligan a écrit une Karen (Carol, coincidence?) de l'apocalypse. Elle veut bien être la dernière survivante, mais elle veut que l'apocalypse se plie à ses exigences émotionnelles et lui apporte son gattorade bien frais !!!


L’apothéose, c’est le dernier épisode avec la confrontation de la Caro lesbienne avec le mâle alpha cisgenre dominant qui vient lui faire du mansplaining chez elle. CHEZ ELLE, NOM DE DIEU ! Le cringe est à son comble pendant 30 min (ou 1h, ça m’a paru une éternité), surtout qu’on sait depuis l’épisode 1 qu’on va finir sur un cliffhanger de merde.

On nous présente un mec qui a traversé deux continents pour répondre à l'appel de Carol. Sur 12 survivants, il est le seul à ne pas l'avoir nextée, elle, l'asociale toxique et insupportable. Et là, la logique s'effondre : le gars lui explique qu'ils sont écoutés, il lui propose la sécurité d'une ambulance, et elle quoi? Elle refuse de faire cinq mètres... Puis elle joue l'indignée parce qu'il a un parapluie alors qu'elle regardait les images de drone espionnant le mec cinq minutes avant !

Ce n'est plus de la psychologie, c'est du sabotage scénaristique. Carol n'est pas « complexe », elle est juste écrite par quelqu'un qui a oublié que ses personnages doivent avoir un instinct de survie minimum pour qu'on y croie.


Ils vont nous resservir une saison 2 où la dynamique va changer pendant 2 épisodes pour retourner dans une ornière scénaristique avant le dernier épisode et un énième cliffhanger à la con ! Putain, si au moins c’était plaisant à regarder et que les personnages étaient attachants ou au moins intelligent... On pourrait se farcir un scénario aussi mauvais, mais là, à part la colorimétrie jaune, rien ne sauve la série.


C'est du remplissage. On a grillé le truc dès l'épisode 2 parce qu’en cherchant il n’y a pas d’information utile. Là, l'information est proche de zéro. C'est une série qui se regarde le nombril en attendant que le spectateur crie au génie pour ne pas avoir l'air idiot.


Pluribus est une coquille vide emballée dans un papier cadeau luxueux. C'est une série pour ceux qui aiment l'idée d'être intelligents en regardant des plans fixes sur Albuquerque, mais qui sont incapables de voir que les rouages sont rouillés. On nous vend du silence philosophique, on nous livre du vide informationnel. Gilligan ne nous prend pas pour des génies, il nous prend pour des cons qui confondent ennui et profondeur.


Johan_N_ala
1
Écrit par

Créée

le 10 févr. 2026

Critique lue 24 fois

Johan N'ala

Écrit par

Critique lue 24 fois

1
1

D'autres avis sur Pluribus

Pluribus

Pluribus

8

MichelDelouard

3 critiques

Un début incroyable

Le scénario où on voit une unité humaine fonctionnelle, pragmatique, qui au final fait passer les humains restants pour des ordures. Un idéal humain finalement qui répond à tout les problèmes de...

le 17 nov. 2025

Pluribus

Pluribus

3

freebyte

6 critiques

Une série vide

Un début de scénario sympa. Voilà un des seuls compliments que je ferai à cette série. Ça retombe comme un soufflet dès le deuxième épisode. Plus rien. Vide. Derrière la première bonne idée se cache...

le 14 déc. 2025

Pluribus

Pluribus

8

Oskad

150 critiques

La claque télévisuelle de 2025 que je n'avais pas vue venir

Soyons honnêtes, quand j'ai vu que Vince Gilligan (le génie derrière Breaking Bad) revenait sur Apple TV+ avec une série de science-fiction, j'étais curieux mais méfiant. Est-ce qu'il pouvait...

le 22 nov. 2025

Du même critique

Cloud Atlas

Cloud Atlas

1

Johan_N_ala

4 critiques

Critique de Cloud Atlas par Johan N'ala

franchement remboursez moi 3h de ma vie

le 27 mai 2014