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Je vais être honnête, au risque de choquer bien des gens : j’adore les maths. Et comme je suis, de manière beaucoup plus banale, fan d’Indiana Jones (celui des Aventuriers de l’Arche Perdue !), je ne pouvais qu’être ravi par le premier épisode de la série Prime Target (jeu de mot dans le titre, non pas sur le fait qu’Apple TV+ cible son concurrent de la maison Amazon, mais avec « prime numbers », nombres premiers) : on y voyait un chercheur en mathématiques de l’Université de Cambridge espionné par la NSA alors qu’il est au bord d’une découverte, et une explosion au centre de Bagdad dévoilant une crypte inconnue sous un magasin de glaces. Il y avait là dedans un peu des « aventures du Professeur Langdon » de Dan Brown, et je rêvais même que ce soit la divine Sidse Babett Knudsen qui incarne une version féminine de Langdon… Avec Steve Thompson aux manettes, fort de son expérience de scénariste sur Doctor Who et Sherlock, tout s’annonçait bien !
Huit épisodes plus loin, la consternation règne, tant Prime Target a systématiquement déçu chacun des espoirs que son premier épisode avait fait naître. Le théorème à découvrir sur les nombres premiers n’est jamais suffisamment « explicité » (je n’utilise pas le mot « expliqué », bien entendu, s’agissant d’un théorème n’existant pas…), tandis que son utilisation pour la création d’un décryptage universel ne fait pas grand sens. Tout ce qui se passe à Bagdad frôle le farfelu total, alors que le lien entre les mathématiques anciennes et les travaux des chercheurs de Cambridge tient plus des âneries proliférant sur les réseaux sociaux sur les civilisations disparues que des mystères amusants (Indiana Jones, et même Les aventures de Tintin, dans un registre similaire, sont désormais bien loin !). La rivalité entre la NSA et une organisation secrète, cherchant toutes deux à empêcher ou à récupérer – ce n’est pas clair – les travaux des chercheurs, se transforme en un gloubi-boulga sans logique, en plus de titiller les conspirationnistes qui s’éveillent un peu partout. La fin de l’aventure est grotesque, mais, entretemps, on se sera aussi désespéré à l’occasion d’un passage éclair par Orléans (une ville peu souvent parcourue par les héros de séries TV anglo-saxonnes !) et d’une course poursuite improbable sous la Manche.
Le pire étant quand même que Sidse Babett Knudsen n’a absolument rien à jouer, la pauvre, et que Leo Woodall, le nouveau jeune premier de l’Angleterre (Bridget Jones, White Lotus, Citadel…) a du mal à arborer plus d’une expression sur son visage trop mignon durant la totalité des huit épisodes : on ne croira pas une seconde que son air de « ravi de la classe » dissimule le QI élevé d’un génie des maths.
Bref, il n’y a pas grand chose à sauver dans ce Prime Target indigne de la qualité générale des séries Apple TV+…
[Critique écrite en 2025]
https://www.benzinemag.net/2025/03/12/apple-tv-prime-target-theoreme-errone/
Créée
le 12 mars 2025
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