Prison Break par Hugo Harnois
Neuf ans et pas une ride ! C'est ce qu'on pourrait affirmer après s'être délecté de Prison Break, série ayant jadis balayé la concurrence d'un revers de main. C'est en août 2006 que nous faisons la connaissance d'un personnage qui va marquer l'histoire du petit écran. Michael Scofield, brun ténébreux au regard d'ange, veut faire évader son frère, condamné à mort pour un meurtre qu'il n'a pas commis.
En plein nouvel âge d'or des séries, Prison Break vient brillament ajouter sa pierre à l'édifice du divertissement total. Qui a parlé de réalisme, quand on peut avec intelligence faire rêver un spectateur en manque de sensation forte. Créateur de cette œuvre, Paul Scheuring implante à son récit de nombreux stéréotypes qui font la puissance de la narration. Le palpitant en émoi, vous rentrerez en empathie immédiate avec les personnages qui composent la série. Justement parce que l'écriture de ces derniers est faite pour que vous vous accrochiez à eux comme une moule à son rocher.
À l'image du tatouage que Scofield s'est fait sur le dos, l'architecture scénaristique de Prison Break ne laisse rien au hasard. Les vingt-deux épisodes qui composent la saison passent à une vitesse fulgurante, et l'adrénaline émergeant de ceux-ci se transforme alors en une drogue invisible qui sera impossible de ne pas prendre. Le moindre bruit de clé vous fera trembler, et votre conclusion à chaque dénouement sera la suivante : ils n'arriveront jamais à sortir de cette prison.
Si la forme de Prison Break est irréprochable, on peut également saluer certains thèmes participant à la réussite de cette série. Comment parvenir à jongler entre le bien et le mal sans faire trop de dégats ? Quelle peut être la définition de culpabilité quand on sait que notre cause est juste ? Certes, les ficelles sont parfois trop visibles. Assurément, nous avons affaire à une série faite d'invraisemblances narratives. Mais qu'importe quand celle-ci fonctionne, et quand on tient entre nos mains un modèle de thriller s'étalant sur plus de seize heures.
Regarder la saison une suffit à appréhender toute l'ingéniosité de cette série parvenant à jouer constamment avec son public. Et parce que tout a été dit dans ces débuts d'aventure, les spectateurs n'auront pas besoin de voir les trois saisons suivantes, calquées sur la mécanique divertissante de leur aînée et ternissant son image. La prison a été brisée, alors pourquoi ne pas s'arrêter à cette image ? Nos péripéties prennent fin par ce symbole de liberté retrouvée, et la mission a bel et bien été accomplie.