La série, réalisée par Jung Se-kyo et écrite par Lee Byoung-hak, nous plonge dans l'époque tumultueuse du royaume de Goguryeo. Le pitch est simple, presque mythologique : à la mort de son mari, la reine Woo dispose de 24 heures pour nommer son successeur, au cœur d’un royaume fragmenté. Les cinq tribus qui se disputent l’influence ne lui laisseront aucun répit. Tout ici est question de rythme. Elle épouse le souffle court de sa protagoniste, happée par l’urgenceCe qui frappe d'emblée, c'est la complexité du personnage de Woo Hee. Issue du puissant clan Woo, elle est décrite comme la plus belle femme du royaume, mais aussi comme une figure intelligente et forte. Pourtant, son statut de femme la réduit souvent à un simple pion dans les stratégies de son clan . Jeon Jong-seo livre une performance nuancée incarnant avec charisme cette figure historique qui fut la première femme à être couronnée deux fois reine dans l'histoire coréenne.La photographie est soignée, les costumes somptueux. Il faut imaginer une reine en fuite, non pas vers la liberté, mais vers un trône vide, cerné par des vautours. Queen Woo est d’abord une course , une traque politique, une fuite en avant , dont l’urgence ne faiblit jamais. La série déroule ses épisodes comme on tourne les pages avec impatience. Un récit de haletant et tendu, où chaque décision est une épée à double tranchant. Plus que l'histoire d'une souveraine, Queen Woo est celle d'une femme prise dans le piège du pouvoir, contrainte de courir pour ne pas tomber.La réalisation épouse cette urgence : plans serrés, montage vif, course effrénée à travers les forêts, les palais, les allées diplomatiques. Le corps de la reine devient champ de bataille. Ce n’est pas seulement une épopée historique, mais un récit organique. On retrouve l'esprit des grands récits d'aventures. Là où Queen Woo prend une réelle ampleur, c’est dans sa capacité à représenter le pouvoir non comme un attribut, mais comme un fardeau. Le pouvoir ne libère pas, il isole, il dévore. Comme l’écrivait Marguerite Yourcenar : « Le pouvoir rend solitaire, et ce n’est pas là son moindre danger. » Woo Ji-soo est seule malgré ses alliés de circonstance. La série refuse les arcs de rédemption trop commodes. Un choix clair : Queen Woo préfère la densité dramatique à la reconstitution.En somme, Queen Woo est une tragédie de l’action, du mouvement. Elle interroge, la condition d’une femme dans un monde d’hommes, la politique comme arène mortelle, et l’héroïsme comme fardeau.
Au final une bonne série d'action historique, efficace dont les qualités effacent quelques défauts.Trop courte hélas, on attends la saison 2.
Me voilà reparti, vaillant éclaireur, à la rame, mon filet prêt a la pêche aux séries. Je reviendrai sans doute entre temps pour de l'action encore avec le loufoque drama chinois « The legend of heroes ».