La grosse "bip" à Dudule !
RE:Monster s’inscrit dans cette longue lignée d’isekai et de récits de réincarnation qui recyclent des mécaniques devenues presque routinières. Le postulat de départ — un homme réincarné en gobelin dont l’évolution dépend de ce qu’il ingère — possède une certaine efficacité conceptuelle, mais la série peine rapidement à transformer cette idée en véritable proposition dramatique ou symbolique. À force de tout faire reposer sur la logique de la consommation et de la métamorphose, l’œuvre finit par donner une impression d’arbitraire, comme si son univers avançait davantage par commodité scénaristique que par nécessité interne.
L’un des problèmes majeurs de la série tient à sa gestion de l’identité des personnages. Les transformations physiques successives, les changements de nom, de rang et de statut brouillent constamment la lisibilité du récit. Là où une œuvre plus maîtrisée ferait de ces mutations un outil de tragédie, de tension ou d’aliénation, RE:Monster les utilise surtout comme des marqueurs fonctionnels d’évolution. Le résultat, c’est une narration qui perd en densité ce qu’elle croit gagner en ampleur. Les personnages ne s’imposent pas vraiment comme des figures mémorables, mais comme des silhouettes prises dans un système de progression mécanique.
Sur le plan de l’écriture, la série souffre également d’un anachronisme assez dérangeant. Le langage, les réactions et certains comportements semblent souvent venir d’un imaginaire contemporain plaqué sur un décor fantasy pseudo-médiéval. Cette tension pourrait être fertile si elle était assumée comme un décalage volontaire, mais ici elle produit surtout une dissonance. L’univers prétend convoquer une logique archaïque, quasi tribale, tout en laissant émerger des échanges qui sonnent trop modernes pour être crédibles dans ce cadre. On perd alors cette suspension d’incrédulité qui permet normalement à une fantasy de fonctionner pleinement.
Le traitement moral du protagoniste pose aussi un vrai problème. La série tente parfois de lui donner une forme de code éthique, notamment dans sa manière d’encadrer les rapports avec les prisonnières humaines. Mais cette tentative d’humanisation ou de nuance est aussitôt contredite par des passages beaucoup plus discutables, qui rendent le personnage profondément incohérent sur le plan moral. Ce n’est pas seulement une question de provocation : c’est une faiblesse d’écriture, parce qu’un personnage peut être ambigu, violent ou immoral, mais encore faut-il que cette ambiguïté soit pensée, construite et assumée. Ici, elle donne plutôt l’impression d’un récit qui oscille sans ligne claire entre fantasme de domination et pseudo-légitimation du héros.
La princesse rencontrée vers la fin illustre elle aussi une certaine fragilité dans la caractérisation. Son arrogance et son insolence la font davantage ressembler à un stéréotype qu’à une vraie présence dramatique. Elle ne dépasse jamais vraiment sa fonction d’obstacle ou de faire-valoir, alors qu’un personnage de ce type aurait pu enrichir la dynamique du récit s’il avait été mieux écrit. Quant aux scènes les plus invraisemblables, elles achèvent de faire basculer la série dans une forme d’excès peu convaincant, où la logique interne se plie systématiquement aux besoins du moment.
D’un point de vue formel, RE:Monster n’a rien d’indigne, mais rien de vraiment remarquable non plus. L’animation et l’ensemble visuel remplissent leur fonction sans créer de véritable signature esthétique. On est face à une série correcte dans son exécution, mais très pauvre dans sa mise en scène, dans son souffle narratif et dans sa capacité à installer une atmosphère forte. Elle se laisse suivre, certes, mais elle ne laisse pas de trace durable.
Au final, RE:Monster est une œuvre qui part d’un concept potentiellement stimulant mais qui s’enlise dans une écriture trop mécanique, un univers peu incarné et des choix de ton parfois franchement douteux. C’est une série qui se contente d’exister dans un sous-genre saturé, sans parvenir à s’en extraire par une vision, une profondeur ou une véritable audace formelle. Plus qu’une mauvaise série, c’est surtout une série paresseuse dans sa conception, et c’est sans doute ce qui la rend la plus frustrante.
Créée
il y a 2 jours
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le 29 avr. 2024
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Pure daube, le Japon commence à devenir une usine à animés tous plus nuls les uns que les autres.
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le 2 janv. 2020
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le 9 janv. 2018
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le 24 mars 2016
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J'ai, je et j'aimerais toujours cette série . Malgré une légère descente sur la fin des saisons, c'est la série qui traite au mieux plusieurs thème sur les mystères de notre "monde" et de "l'étrange"...



