Cette série d’animation se veut à la fois amusante, dramatique et parfois un peu dérangeante. Au final, je la trouve assez moyenne. Techniquement, ça fonctionne, mais ce n’est pas non plus un festival d’animation ou de graphisme exceptionnel. Ce qui m’intéresse surtout, c’est ce que l’anime cherche à dire à travers son histoire et ses personnages.
On suit un personnage féminin, Anzu, censé tomber amoureuse de plusieurs protagonistes. Et, honnêtement, je commence à en avoir un peu marre de ces histoires de harem, que ce soit avec un garçon ou une fille. Ces inversions de rôles, à force, deviennent vraiment agaçantes. Anzu est présentée comme une fille qui ne pense qu’à jouer aux jeux vidéo, manger des chocolats et câliner son chat. C’est clairement montré comme ses “addictions” ou ses habitudes de vie.
Ce que je veux dire, c’est que si ce personnage était un garçon, on le verrait simplement comme un geek : un mec qui mange des pizzas devant son ordinateur en caressant son chien. Le principe serait exactement le même. Mais quand c’est une fille, on trouve ça plus mignon, plus acceptable, presque attendrissant. C’est là que je trouve le traitement un peu biaisé.
L’histoire repose sur une entité magique qui force Anzu à abandonner ses habitudes pour la pousser à faire des rencontres amoureuses avec plusieurs garçons. Sur certaines interactions, ça peut être drôle ou sympathique, mais dans l’ensemble, je trouve que beaucoup de scènes ne sont pas vraiment amusantes et peuvent même devenir gênantes ou malaisantes.
Anzu reste un personnage énergique et attachant, mais elle dit clairement qu’elle ne veut pas de relation amoureuse. Et, à ce niveau-là, c’est son choix. Ce que je vois surtout dans la série, c’est une tentative de lui faire comprendre qu’il n’y a pas que ses addictions dans la vie, et qu’elle peut découvrir autre chose, vivre davantage sa vie d’adolescente, au-delà de ses trois centres d’intérêt principaux.
Un autre point qui me paraît un peu "facile" sur son orientation, c’est le fait qu’on la présente uniquement dans une logique hétérosexuelle. On aurait très bien pu imaginer un autre type de relation, ou même un personnage féminin plus développé autour d’elle. D’ailleurs, de mémoire, j’ai l’impression qu’elle n’a même pas vraiment de copines, ou en tout cas pas de relation féminine marquante. Je me trompe peut-être, mais c’est l’impression que j’en ai gardée.
Dans l’ensemble, il y a des moments sympathiques, et parfois ça fonctionne bien. Mais j’aurais aimé qu’on aille vers une vraie relation romantique, plus sincère, plus construite, avec davantage de profondeur pour les personnages.
Il y a aussi un protagoniste masculin que j’ai trouvé plutôt intéressant. J’ai bien aimé ce qui lui arrive, parce que ça change un peu : pour une fois, c’est un garçon qui subit du harcèlement (par une femme), ce qui le traumatise et lui cause de vrais troubles psychologiques, sans oublier le dysfonctionnement familial (son père) qui est à prendre en ligne de compte. Ça permet aussi de montrer un personnage qui essaie de remonter la pente, de reprendre confiance et de renouer avec les autres.
En revanche, ce qui m’a surtout énervé, c’est la fin. Les deux protagonistes masculin ne semblent pas vraiment remettre en question le fait que tout cela était orchestré par cette entité magique. Il n’y a presque aucune vraie interrogation du type : “Comment est-ce possible ?” ou “Pourquoi nous avoir forcés à vivre ça ?” Il n’y a pas non plus de réflexion sur le fait qu’ils aient été traités un peu comme des objets, comme des pions dans un jeu.
Et le pire, c’est cette entité, Riri, qui finit par se transformer en garçon parce qu’il est tombé amoureux d’Anzu. Franchement, là, il faut arrêter. Ça devient trop absurde.
Enfin, il y a un dernier détail qui m’a un peu intrigué : quand on regarde Anzu, ses vêtements, ses objets et même son univers visuel, il y a souvent des motifs de chat partout. À certains moments, cela donne une impression un peu étrange, presque dérangeante. On a parfois l’impression qu’elle est prête pour aller à un dîner de cons.