(Attention, ma critique contient quelques spoils).
Ça se regarde. Mais en vérité, ce n'est pas la série du siècle (bien que j'ai tenu jusqu'à la fin). Pour les amateurs de slasher, vous passerez probablement un bon moment et retrouverez les codes classiques affiliés aux films Scream. Cela restait un défi de tourné ce genre en série, et non pas en film, et à ce niveau, c'était plutôt réussi. L'histoire prend le temps de développer les histoires personnelles de chaque personnage et leurs interactions, ainsi que leur enquête pour dénicher le tueur. A ce sujet, c'est là le véritable jeu de la série. Essayer de décoder les indices donnés pour deviner qui est derrière la série de meurtres.
Mon reproche touche en premier lieu le casting. Nous avons affaire au classique choix d'acteurs adultes pour interpréter des adolescents. Probablement cela est-il moins choquant pour le spectateur lorsqu'il assiste au passage à la moulinette de l'un d'eux. Malgré tout, cela brise le réalisme de la série. Plus encore, tous les protagonistes sont des canons. Du geek au sportif en passant à la petite gothique, tous les personnages sont beaux. La série a été réalisée en 2015, peux t'on avoir autre chose que des plastiques avantageuses et d'autres modèles de beauté. Ayons des petits, des gros, des moches, ou je ne sais quoi, et développons-les ! Ayons de la variété. Les héros n'ont pas à toujours être beaux (même si la majorité est destinée à mourir).
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Mais plus j'y réfléchis, et plus j'y vois là un parti-pris. Reprendre les codes classiques hollywoodiens pour écrire ce genre de série, et voir jusqu'où ces personnages seront poussés d'ici le dernier épisode. J'admets que malgré mon sentiment retors à la vue de ces personnages non seulement inintéressants par leur beauté, mais aussi mais leur caractère (on a la fille riche et canon, son amie plus timorée, secrètement geek, le geek intelligent, la gothique rebelle, le sportif gentil mais con, son pote con mais gentil, ecetera), j'ai fini par m'attacher à eux. L'épisode premier décrit d'ailleurs son ambition à travers le premier discours du personnage semi-méta Noah. Le but est de prendre le temps de développer les personnages pour que l'on s'y attache, avant de les tuer.
Du coup, cela fonctionne. Après une saison, voilà que nous arrivons à la seconde. Il est vrai que ces personnages qui ont survécu à travers la première vague de meurtres nous sont devenus précieux. Après ce qu'ils ont traversé, nous leur souhaitons de survivre à cette seconde série. Mais nous nous doutons que certains devront être sacrifiés sur ce cruel échafaud qu'est le drame. Malheureusement, il semblerait que les scénaristes se soient laissés prendre à leur propre piège. Ainsi, si ce n'est quelques exceptions, nous finissons par comprendre que les protagonistes seront épargnés. Là où le slasher nous laisse croire à la survie de certains personnages pour mieux nous les égorger à la fin, il s'avère ici que ce n'est pas le cas. Et même le fameux (mais un peu inutile) épisode bonus d'Halloween ne résout rien(si ce n'était un sentiment de clôture). Cela nous laisse un peu sur notre faim (malgré le soulagement de ne pas avoir à affronter la peine de voir un personnage favori mourir).
A moins que la suite inexistante de l'intrigue, bien que suggérée, ait pu nous réserver quelques surprises.