Sentinelles
6.4
Sentinelles

Série OCS (2022)

[Saison 2] Des équipées dès équipages hétéroclites

Série qui va bien au-delà de l’actualité, et très intéressante sur le lien : le lien parents-enfants notamment par cette thématique de la gestation pour autrui, qui s’achète à bas prix au fin fond de l’Ukraine, où tout s’achète d’ailleurs, même les contournements de la loi ; lien à l’Europe centrale et de l’est, qui s’invite brusquement à nos consciences engourdies et anesthésiées pour nous rappeler notre destin parfois tragique et toujours continental ; lien à la chose militaire et à la violence, et liens des militaires entre eux, que ce soit dans sa forme institutionnelle (même si, à dessein sans doute, le réalisateur place ses personnages dans le 5e régiment d’infanterie, « Navarre sans peur », dissous en 1997), que dans cette forme hybride et officieuse que finit par prendre ce convoi de bric et de broc, qui mélange plusieurs nationalités et personnes de différents statuts (civils, personnel DGSE en mission, militaire en permission, ex-ministre incognito) qui vont finir par combattre pour la vie, une vie dans sa dimension européenne (mères porteuses russes et mères élevantes françaises et belges) entre contacts à l’arme automatique et champs de mines qui pimentent la neige. Il est donc beaucoup question de cohésion et d’unité, que ce soit dans la forme officielle (un chef de groupe contesté par un de ses subordonnés) que dans ce radeau de la Méduse terrestre, qui conjugue des naufragés de la maternité et de la paternité, sorte de convoi militaire hybride et officieux, de par ses missions comme par sa composition, en tout cas plutôt européen dans sa défense de la vie, dans l’agrégat de ses différentes nationalités et individualités. Cet équipage hétéroclite se déploie en tout cas dans une zone grise qui est aussi l’apanage des troupes officielles, qui se fraient un chemin entre dettes de jeu, infidélité et espionnages russe et américain. Dans un tout très bien documenté, entre subtilités de la GPA et particularismes du Donbass, avec une peinture du monde militaire plus renseignée que d’ordinaire, entre grades, langage (« bien pris ») et subtilités otaniennes. Dommage qu’il faille passer par la VOD même avec un abo C+Séries

#sentinelles

chatcaquetant
8
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le 16 déc. 2024

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