N'ayant jamais vu un seul épisode de la version anglaise de "Shameless", je ne pourrais dire si son avatar ricain est une adaptation pertinente ou un simple copier / coller purement mercantile. Toujours est-il que la version de Paul Abbott ne fait pas dans la dentelle, nous narrant les mésaventures d'une famille de white trash dont les enfants sont livrés à eux-mêmes face à un patriarche irresponsable parfaitement campé par William H. Macy.
Le problème principal de "Shameless" est sa manie agaçante à surenchérir constamment dans le trash, la série étant un festival de gerbe et de cul, ce qui peut-être franchement amusant le temps de quelques épisodes mais fatiguant sur plusieurs saisons, d'autant que certains personnages sont tout bonnement insupportables, à l'image de l'ado en crise qui passe son temps à se faire sauter par tout ce qui bouge en maudissant ses parents. Du déjà-vu qui ne fait pas franchement avancer la série.
Heureusement, "Shameless" reste souvent drôle et impertinente, parvenant même à toucher quand elle s'attarde sur les rêves sacrifiés de la fille aînée incarnée avec charme et naturel par Emmy Rossum, sorte de Wendy trash condamnée à élever les enfants perdus d'un éternel Peter Pan bourré du matin au soir. C'est dans ces moments plus intimistes, et parfois dans sa peinture au vitriol d'une certaine Amérique, que "Shameless" gagne des points et fait oublier momentanément ses nombreux défauts.